Quand l’absence d’anticipation et la précipitation engendrent la polémique…
Depuis plusieurs jours, la permission de sortir accordée à un détenu du Quartier de Lutte contre la Criminalité Organisée (QLCO) de Vendin-le-Vieil, afin de se rendre à un entretien employeur près de Lyon, alimente la polémique médiatique et sociétale.
Une controverse évitable… si la loi avait été anticipée !
Pour l’UFAP UNSa Justice SPIP des Hauts-de-France, la véritable problématique est simple :
Le Garde des Sceaux alors en campagne politique déguisée, et voulant répondre à la « va-vite » à l’émoi causé par la perte de 2 de nos collègues, n’a pas anticipé les effets de son propre projet de loi lors de la création des QLCO. Ces quartiers, présentés comme « étanches », auraient dû bénéficier d’un régime législatif et juridique spécifique, distinct du droit commun. Or rien n’a été prévu en ce sens, laissant les personnels et les magistrats appliquer des textes inadaptés à un public pénal pourtant considéré comme hautement sensible et dangereux.
Un manquement d’étanchéité aux conséquences lourdes !
Le trouble suscité par cette décision n’est pas surprenant : Les QLCO devaient être hermétiques pour limiter et empêcher les échanges avec l’extérieur, c’était l’engagement politique premier. Ne pas respecter cette « étanchéité » met en danger les personnels, les victimes, mais aussi nos concitoyens, et fragilise tout l’édifice sécuritaire annoncé à grand renfort médiatique.
Les personnels en première ligne… avec le droit commun ?
En l’absence de loi spécifique : Les agents doivent travailler avec le droit commun, et appliquer le Référentiel des Pratiques Opérationnelles (RPO1) tel qu’on leur demande depuis des années, même lorsque celui-ci n’est pas spécifiquement adapté aux profils concernés. Une fois de plus, ce sont les professionnels du SPIP et de la détention qui doivent absorber les incohérences institutionnelles.
Le soutien indéfectible de l’UFAP UNSaJustice !
L’UFAP UNSa Justice réaffirme son soutien total aux personnels SPIP, trop souvent au cœur des polémiques, alors même que l’Administration Pénitentiaire se contredit dès qu’il s’agit de suivre la pression médiatique, voire pire, car les agents sont instrumentalisés pour répondre aux émotions de l’opinion publique. La preuve en est ces dernières semaines, nous avons pu constater un détournement de la réalité sur notre région déjà sur Vendin le Vieil, mais aussi sur Toulouse Seysses il y a quelques mois, sur Rennes, et enfin de nouveau sur Vendin cette semaine. Et à chaque fois, le Garde des Sceaux ou les plus hauts dirigeants de l’Administration Pénitentiaire jouent les étonnés…
Attention aux dérives : Le SPIP ne doit pas devenir la bête à abattre, ni le décisionnaire judiciaire !
L’UFAP UNSa Justice alerte sur les discours de certaines Organisations Syndicales souhaitant attribuer à l’Administration Pénitentiaire un rôle décisionnaire à la place des Juges de l’Application des Peines. Un tel glissement serait dangereux car au moindre incident, ce seraient bien les personnels eux-mêmes qui porteraient la responsabilité de ces choix judiciaires.
Permissions non accompagnées : une réalité connue, pas un scandale.
L’État ne peut pas feindre la surprise : Les permissions de sortir ne sont pas systématiquement accompagnées par le Personnel Pénitentiaire, et cela depuis toujours, contrairement à ce que le Garde des Sceaux aurait pu laisser penser, à propos de la « sortie au planétarium de Rennes ». Si demain l’État souhaite l’accompagnement systématique par des Agents Pénitentiaires : nous n’en avons pas les moyens, ni humains, ni financiers. La réalité est simple, vous ne pouvez pas exiger l’impossible avec des effectifs déjà exsangues !
Bientôt un aménagement de peine… ? Ce n’est pas une surprise !
Avec les textes actuels, ne soyons pas naïfs, ce détenu, ou tout autre hébergé en QLCO aujourd’hui pourrait obtenir un aménagement de peine dans les prochaines semaines. C’est l’application normale du droit commun… Justement celui qui aurait dû être repensé en amont de l’ouverture des QLCO.
L’UFAP UNSa Justice l’avait dit : La doctrine QLCO était insuffisante…
Pour rappel l’UFAP UNSa Justice avait voté contre la doctrine QLCO dans toutes les instances, car trop floue, sans garantie de prise en charge quotidienne adaptée aux profils du « haut du spectre », et totalement déconnectée de la réalité de terrain. Enfin les conditions de prise en charge des détenus par les personnels de la Filière Insertion Probation n’ont pas assez été élaborées dans cette doctrine, bien au contraire, ces agents sont les oubliés de cette équation. Les faits nous donnent raison aujourd’hui.
Ne pas oublier les personnels exerçants en SPIP : l’ombre ne doit plus être leur place…
L’Administration Pénitentiaire semble oublier que les personnels d’Insertion et de Probation travaillent dans l’ombre. Leur rôle pourtant indispensable dans la chaine pénale, est complétement méconnu de la société : la sécurité globale ne fonctionne que si l’Insertion et la Probation sont réellement prises en compte et associées à l’aspect sécuritaire.
Sécurité et insertion ne sont pas concurrentes, elles sont complémentaires.
Supprimer le CSA IP ? Une attaque contre nos propres agents. L’UFAP UNSa Justice dénonce enfin la volonté d’une Organisation Syndicale de supprimer le CSA Insertion-Probation. Une telle décision renforcerait le sentiment d’exclusion des personnels SPIP, et invisibiliserait encore davantage leur travail, en divisant l’Administration au lieu de la renforcer.
L’Union Régionale UFAP UNSa Justice Des Hauts-de-France
L’UFAP UNSa Justice, unie, dynamique et tournée vers l’avenir !