Recrutement des Personnels Pénitentiaires

« Quelque chose de pourri… »

Shakespeare

Cette réplique tirée de « Hamlet » illustre la bérézina des dernières épreuves écrites du concours de surveillant pénitentiaire. Le taux de participation des inscrits est aux alentours de 20%… Certains s’offusquent du manque d’attractivité de notre métier et le découvrent aujourd’hui, tels des hurluberlus tombant des nues…
La situation n’est pas nouvelle ou plus alarmiste qu’auparavant. Pour l’UFAP UNSa Justice, le constat est sans appel.
Le citoyen n’est pas attiré pour être Surveillant d’établissement pénitentiaire. D’ailleurs qui peut dire avoir rêvé être « gardien de Prison » comme on pourrait le faire pour d’autres professions ?
Au même titre que la disparition des dinosaures, de la destruction de Sodome et Gomorrhe, des sept plaies d’Égypte,l’annexion de la Crimée ou la réintroduction de l’ours dans les Pyrénées et la démission de Nicolas Hulot, le grand prêtre de la « collapsologie pénitentiaire » rend d’ores et déjà notre Organisation Syndicale et son Secrétaire Général responsables des difficultés à recruter. Il ne s’agit pas une nouvelle fois de s’apitoyer sur son sort, de dénoncer un relevé de conclusions et de rejeter la faute sur la 1ère Organisation Syndicale pour considérer que le problème est réglé !…
La pénitentiaire n’est pas la seule administration régalienne à rencontrer des difficultés de recrutement. La police nationale est dans la même situation… malgré la catégorie B… et c’est le SG de l’USGP Police‐FO qui le dit !… Ailleurs, dans le domaine de la santé, on ne peut que constater la désertion du métier d’infirmier où les conditions de travail sont catastrophiques, ces personnels fussent‐ils de niveau A ou B… L’UFAP UNSa Justice rappelle que le classement des surveillants en catégorie C l’est uniquement au regard du recrutement et non de notre grille indiciaire, classée
Hors Catégorie.
Pour notre Organisation Syndicale, les facteurs sont multiples et l’aspect indemnitaire n’est pas le seul vecteur qui rendra notre profession attractive. Depuis de nombreuses années, l’UFAP UNSa Justice alerte le ministère de la Justice sur les conditions d’exercices.
Ce n’est pas non plus le management ou la gestion de la ressource humaine menée par la DAP et la manière de traiter les Personnels comme des bêtes à coursive qui rendront ce métier populaire. C’est toute l’incohérence d’une administration qui cumule depuis de nombreuses années des décisions complétement ubuesques.
La vraie question est celle de l’image du métier. Certes, la campagne publicitaire de la DAP est loin d’être sexy et de défrayer les tabloïds…
Comment peut‐on prétendre recruter et être attractif alors que ce métier génère d’importants obstacles à l’épanouissement personnel des Agents ?

Avoir un unique repos alors que l’on travaille de jour comme de nuit, samedi et dimanche inclus, 365 j dans l’année, ou bien encore avoir des congés d’été à la Toussaint ou à Pâques… pendant que les enfants seront en vacances en juillet/aout.
Oui, il faut être motivé pour accepter ces conditions, sans parler des risques encourus dans une administration frileuse quand il s’agit de sanctionner les voyous !…
Que dire de l’ENAP et de la scolarité où tout est payant ? Cela en devient pathétique, surtout pour être hébergés à plusieurs dans une « chambrule » ou une « célambre » (hébergement à mi‐chemin entre une chambre et une cellule dans laquelle sont entassés plusieurs élèves).
Quid de l’accueil réservé aux stagiaires dans les régions de primo affectations où ceux‐ci doivent se « démerder » pour trouver un logement… situation d’autant plus indigeste face aux méthodes de gestion de la DAP comme le démontrent encore les conditions lamentables d’ouverture de la Maison d’Arrêt de Paris la Santé.
Pour l’UFAP UNSa Justice, c’est tout cela qu’il faut régler… mais les enfants ne rêveront toujours pas d’être Surveillant d’établissement pénitentiaire.
A l’aube de grandes vagues de départ en retraite, c’est ce défi que doit relever le ministère de la Justice, mais veut‐il le relever ?
L’UFAP UNSa Justice, quant à elle, continue inlassablement, avec honnêteté et objectivité, à défendre les Personnels et non à leur vendre du Rêve et de la Démagogie. Effectivement, cela ne donne pas envie de candidater ou de se présenter aux épreuves !…
Quelle image du métier de Surveillant et de celles et ceux qui l’exercent renvoient les offusqués ? Celle de personnes outrancières, injurieuses ? Celles de personnes usant de menaces verbales et de pressions physiques ?
Celle de harceleurs ou d’affabulateurs ? Celle de personnes qui dégradent les biens personnels d’autrui ?
NON !… Le Personnel Pénitentiaire dans son ensemble et le Personnel de surveillance en particulier ne sont rien de
tout cela.
En matière d’effectifs, la situation est toujours aussi critique… d’où le relevé de conclusions porteur de 1100 emplois
créés qui permettront de résorber une grande partie du déficit actuel.

UFAP UNSa Justice, 100% PÉNITENTIAIRE !…

Paris, le 13 septembre 2018
Pour l’UFAP UNSa Justice,
Les Secrétaires Généraux

circulaire recrutement des Personnels Pénitentiaires

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