mercredi 20 mars , 2019

RENCONTRE AVEC LA GARDE DES SCEAUX : Que de temps de perdu depuis 14 mois !

Nos dirigeants, trop souvent attentistes, doivent assumer maintenant leurs engagements et leur responsabilité. C’est dans ce contexte que la ministre de la Justice a reçu l’UFAP UNSa Justice.

Pendant près de 2 heures, la garde des Sceaux a fait le constat que l’application du protocole de janvier 2018 n’avançait pas aussi vite que prévu, tout en nous précisant que le gouvernement respecterait ses engagements !

L’UFAP UNSa Justice s’est évertuée une nouvelle fois à faire comprendre à cette administration amnésique, l’urgence d’appliquer ce relevé, précisant à cette dernière que son optimiste ne correspondait en rien à ce que nous vivons depuis des mois sur le terrain.

En effet, quand on voit ne serait-ce que le déploiement laborieux des passe-menottes ou encore la distribution tardive et tronquée des gilets individuels pare lame, on constate que cette administration est aux abonnés absents.

Pour l’UFAP UNSa Justice, un seul impératif : la Sécurité des Personnels !

Face à ce constat, la ministre nous a fait un point sur Condé sur Sarthe ou les premiers éléments de l’inspection indiquent des préconisations sur la gestion des fouilles des visiteurs, le fonctionnement des UVF ou encore le renseignement pénitentiaire qui doit trouver une meilleure circulation de l’information.

Puis elle est revenue sur le déploiement du relevé de conclusions de janvier 2018 à travers la quasi-totalité des propositions qu’elle a avancée.

La nouvelle du jour vise l’engagement d’accélérer la mise en œuvre totale du relevé de conclusions de janvier 2018… EUREKA ! ; Effectivement, son déploiement est actuellement freiné par une caste de directeurs préférant alimenter l’angélisme au détriment de la sécurité des Personnels.

Dans ce cadre, elle a donc mis en avant :

  • l’accélération de la dotation individuelle des gilets pare lame/pare coups/pare balles à l’ensemble des Personnels (relevé de conclusions),
  • rendre usuel l’utilisation des passe-menottes et la pratique du menottage (relevé de conclusions),
  • mettre en place dans les établissements les dispositions de la note sur le « surveillant acteur», datant de cet automne (relevé de conclusions),
  • la mise en application prochaine des modifications de l’article 57 concernant les fouilles, actuellement devant le conseil constitutionnel (relevé de conclusions),
  • une réflexion et une expérimentation (Condé sur Sarthe) sur les fouilles par palpation des visiteurs,
  • l’accélération de l’expérimentation des caméras « piétons » ; la LOI nous le permet depuis 2018,
  • la dotation de CAPSTUN pour tous les Personnels,
  • le développement de brigades cynotechniques,
  • l’ouverture d’un groupe de travail sur l’acquisition de la qualification d’APJ pour les Personnels de surveillance,
  • une réflexion sur le pistolet à impulsion électrique sera conduite.

Par ailleurs, concernant la revalorisation des métiers, dans le cadre de la réforme sur la chaine de commandement (actuellement au conseil d’Etat), elle souhaite augmenter le volume de postes requalifiés de « C en B », passant le volume de 1400 promotions à 1700 afin d’atteindre la cible des 2500 postes en catégorie B, à laquelle se rajoute les 450 emplois requalifiés de « B en A ». Cette disposition répondant à une meilleure dynamique de carrière pour le Personnel de surveillance.

Elle a aussi avancé sa volonté de vouloir flécher le principe d’un parcours du surveillant dans son métier. Comprendra qui pourra ?

Enfin, elle a annoncé le prolongement de l’effort indemnitaire des Personnels de surveillance de 0.5 point de PSS en 2022, portant cette indemnité à 28.5% du salaire brut. (Pour rappel, l’UFAP UNSa Justice a obtenu 2 pts de PSS le 29 janvier 2018)

Sur le volet pouvoir d’achat, nous avons répondu à la garde des Sceaux que son aumône ne correspondait en rien à nos demandes formulées en décembre dernier pour l’ensemble des Personnels pénitentiaires et qu’à ce titre, nos exigences étaient toujours d’actualité. Nous avons exigé un nouveau rendez-vous pour avancer sur nos demandes légitimes.

Cette réunion aura été une nouvelle fois l’opportunité pour l’UFAP UNSa Justice de faire prendre conscience à notre administration qu’il y a urgence à mettre en place ce qui a été obtenu en janvier 2018.

Par ailleurs, nous lui avons rappelé les attentes fortes que nous avons sur la prise en charge des détenus violents ainsi que celle des détenus radicalisés et terroristes. La diaspora de ces derniers dans nos détentions est une poudrière et une mise en danger permanente des Personnels.

Ensuite, nous avons aussi exigé d’avancer sur la doctrine des ESP et des moyens nécessaires afin de conduire nos missions autrement que dans l’état actuel !

Enfin, que de temps perdu et de dommages pour les Personnels !… L’agression de nos deux Collègues n’aurait certainement pas eu lieu si ce relevé avait été mis en œuvre… Le constat est là et il est accablant pour nos dirigeants !

C’est la raison pour laquelle, à ce stade nous restons sur notre faim. Des promesses, des engagements, mais toujours aucun calendrier de mise en œuvre, juste des projections sur l’avenir.

Nous avons donc exigé de notre ministre de tutelle qu’elle fixe un horizon d’application du relevé de conclusions. Tout comme nous lui avons demandé d’être attentive à la situation des Personnels de Condé sur Sarthe qui doivent être entendus et accompagnés.

Pour l’UFAP UNSa Justice, il est hors de question d’attendre 14 mois de plus pour refaire le même constat, ou d’attendre le prochain évènement pour entendre le même discours politique.

Nous n’avons que faire des promesses… Aussi, les prochaines semaines seront déterminantes et primordiales pour constater si l’accélération de la mise en œuvre de ce relevé est palpable sur le terrain et si ses chefaillons ont été recadrés afin que la sécurité ne soit plus un sujet tabou !…

Dans le cas contraire, l’UFAP UNSa Justice prendra ses responsabilités, car un engagement cela se respecte, surtout quand il s’agit de la sécurité des Personnels !… A bon entendeur…

Pantin, le 14 mars 2019

Pour l’UFAP UNSa Justice,

Les Secrétaires Généraux.

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