REPÉRAGE D’UN RISQUE DE RADICALISATION : LE PROJET FUITE DE PARTOUT !

Pas encore testées et validées, les nouvelles grilles d’aide au repérage pluridisciplinaire d’un risque de radicalisation violente ont déjà été largement diffusées dans la presse, trop largement au goût de l’UFAP-UNSa Justice, première organisation syndicale de l’administration pénitentiaire.

Sur les quelques 70 critères retenus par la DAP, l’UFAP-UNSa Justice a fait valoir ses remarques et propositions sans en faire publicité. Pour autant, 30% d’entre eux ont été divulgués dans la presse.

L’UFAP-UNSa Justice considère que celles et ceux qui ont contribué à la diffusion de ces éléments ont commis une erreur d’appréciation et de jugement.

Contribuer à la lutte contre la radicalisation, et par voie de conséquence à la lutte contre le terrorisme, entre pleinement dans le champ de compétence de l’administration pénitentiaire.

Le faire savoir, pourquoi pas ?

Mais dévoiler la méthode et plus d’un quart des critères utilisés, cela n’a aucun sens et met en péril tant la réflexion que l’action.

Si notre organisation peut comprendre les résistances, elle ne peut cautionner le faux nez de la posture idéologique derrière lequel se cachent les tenants de la confusion des genres, du dévoiement des missions et du spectre de la stigmatisation.

A ceux qui voient « plutôt d’un bon œil » l’arrivée d’un outil rigoureux et « enfin uniformisé », l’UFAP-UNSa Justice rappelle que le travail effectué sur la question ne date pas d’hier. Dès 2004, l’état-major de sécurité, par le biais du renseignement pénitentiaire, a mis en place un outil d’observation du phénomène. En 2010, prenant en compte l’évolution de la menace, il a évolué vers la détection précoce des profils attirés par le terrorisme. Cet outil précis, uniformisé et soumis à une démarche de pondération pour plus de rigueur, a été détourné de son usage premier par la motivation statistique des uns et l’inanité des autres.

Que dire des déclarations de notre administration sur le sujet ! Bel exercice de Com’ pour justifier l’usage de l’argent public dans le cadre du PLAT. Mettre en avant le devoir de réserve aurait été plus judicieux à moins que la manœuvre inavouée soit celle de se mettre à l’abri des critiques et l’inavouable celle d’imposer un outil qui ne satisfait personne hormis notre directrice et les prêcheurs de dé radicalisation.

Le triptyque pluridisciplinaire n’apporte pas de changement majeur hormis celui de reléguer au second plan le renseignement.

Pour l’UFAP-UNSa Justice, même si la démarche de repérage initiée par la DAP s’inscrit dans la mission nationale de prévention de la radicalisation violente, elle doit aller bien plus loin et contribuer activement à l’activité de contre-terrorisme qui devrait être celle du renseignement pénitentiaire.

Il devient urgent que la DAP évolue dans son appréhension du phénomène. Ce nouvel outil ne constitue pas une nouvelle approche et conserve une définition qui date de 2008. L’évolution de la menace et sa réalité ne sont pas prises en compte.

Pour l’UFAP-UNSa Justice, l’objectif doit être clairement désigné : l’islam politique et militant. Cette interprétation de l’islam, qui pose comme postulat la supériorité de la loi coranique sur le droit positif, est en contradiction avec les principes fondamentaux de la République laïque.

L’UFAP-UNSa Justice demande un projet global, ambitieux et pragmatique.

Défini dans le cadre d’une réflexion concertée, ce projet doit permettre de conceptualiser le renseignement pénitentiaire par une doctrine digne de son nom et répondre aux exigences de la lutte anti-terroriste.

Il doit aussi englober, plus largement, une réelle volonté de faire de la peine un temps utile et non un temps mort.

La réflexion entamée sur la refonte des régimes de détention constitue une opportunité à ne pas manquer.

L’UFAP-UNSa Justice, une présence quotidienne…

Paris, le 11 mai 2016

Pour l’UFAP-UNSa Justice

Le Secrétaire Général,

Jean-François FORGET.

110516 – grilles radicalisation

 

 

 

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