Organisation Syndicale Multi-Catégorielle

RETRAITES : QUI GOUVERNENT MENT !

Pantin, le 18 janvier 2023

Le Gouvernement dit : « notre retraite est en péril » …

FAUX : les éléments de langage sont connus : « Le système est déséquilibré », « L’enjeu de cette réforme, c’est de sauver notre système par répartition », « Un trou (immense) de 12 milliards d’euros. ». Le Conseil d’Orientation des Retraites (COR) a effectivement évoqué, dans un des scénarios envisagés, un possible déficit de 12 milliards d’euros en 2027.

Pour rappel, le budget des retraites s’élève à 320 milliards d’euros, ces hypothétiques 12 milliards d’euros manquants à l’horizon 2027 représentent qu’un déficit de 3,7%. Par ailleurs, le COR indique aussi dans son rapport qu’ils pourraient finir par se résorber avec le temps.

On peut parier que le ministre de l’Économie et des Finances serait heureux d’annoncer un déficit budgétaire de la France à cette hauteur. Il est en 2022 de 5 %, on ne l’a pas entendu appeler au feu et pronostiquer la ruine de la France… L’UFAP UNSa Justice y voit deux poids, deux mesures !

Le Gouvernement dit : « il n’y a pas d’autres solutions que de travailler plus » …

FAUX : pour maintenir l’équilibre du système, d’autres solutions existent. L’UNSA en a développé quelques-unes : le taux d’emploi des seniors est un des axes sur lequel on devrait être plus incitatif. Une augmentation de 10 % du taux d’emploi des seniors (53,8 % en 2020 contre 60,2 % dans la zone euro) résoudrait les problèmes de financement. La définition d’un index et la création d’un fond spécifique financé par les entreprises restent insuffisantes. Mais aucune mesure un peu contraignante ne s’impose aux entreprises…

Un tri s’impose également dans les allégements ou suppressions de cotisations qui existent actuellement pour les entreprises. Il y a de bons et de mauvais allégements (ceux qui ne créent ni investissement, ni emploi). On ne peut pas continuer à faire les poches de la protection sociale des salariés, puis leur demander de travailler plus longtemps pour compenser ! Par exemple, exonération de charges sociales sur les heures supplémentaires = 2 milliards en moins pour la sécu.

Enfin, si cela s’avérait nécessaire pour finir d’équilibrer le système durant quelques années, l’UNSA est ouverte à une hausse modérée des cotisations patronales et salariales. Compte tenu des faibles sommes en jeu, cela ne représenterait que quelques euros par mois pour chaque salarié, on peut parier que les salariés préfèreront payer un peu plus plutôt que travailler deux ans de plus.

Le Gouvernement dit : « on vit plus longtemps donc il faut travailler plus longtemps » …

FAUX : l’espérance de vie a effectivement progressé ces dernières décennies, néanmoins, si on prend en compte l’espérance de vie en bonne santé, les résultats sont beaucoup plus contrastés. À la naissance, les femmes peuvent espérer vivre 65,9 ans sans incapacité et 77,9 ans sans incapacité sévère ; les hommes, 64,4 ans sans incapacité et 73,8 ans sans incapacité sévère (DREES, 2021).

Par ailleurs, ces chiffres ne montrent pas les inégalités sociales importantes en matière d’espérances de vie. Les ouvriers ont une espérance de vie plus courte, et au sein de cette espérance de vie plus courte, ils ont également plus d’années à vivre avec des incapacités. De plus, les 5 % les plus pauvres meurent en moyenne treize ans plus tôt que les 5 % les plus aisés (Ined, 2018). De plus, en 2019, 104 300 personnes sont parties en retraite pour inaptitude soit 17% des départs (IGAS 2022).

Le Gouvernement dit : « les Français partent trop tôt à la retraite » …

FAUX : Les efforts des assurés sociaux pour maintenir notre système de retraite ont déjà été faits. L’âge moyen de départ en retraite est passé de 60,5 ans à plus de 63 ans en 2021, du fait des nombreuses réformes précédentes. Il est aussi faux de dire que les Français passent plus de temps à la retraite qu’auparavant. Si la génération « 1950 » pouvait s’attendre à près de 26 années de retraite, celle de 1955 est moins chanceuse, avec une espérance de retraite de 24 années.

Le Gouvernement dit : « avec la réforme, 4 Français sur 10 partiront avant 64 ans » …

PUBLICITÉ MENSONGÈRE : Certes, certains ne partiront pas à 64 ans, mais ils devront quand même travailler plus longtemps qu’aujourd’hui. Avec la réforme, 6 Français sur 10 travailleront jusqu’à 64 ans et perdront deux ans de liberté de choix. Pour les autres, c’est “mieux que si c’était pire”.

Le Gouvernement dit : « dans les autres pays européens, on travaille plus longtemps » …

VRAI MAIS : les tenants du recul de l’âge du départ en retraite mettent souvent en avant les exemples allemand, italien ou espagnol, parmi d’autres, affirmant que la France serait la seule à maintenir 62 ans comme âge légal. Ne retenir que ce critère d’âge montre une vision très partielle et très partiale de la   réalité   des   systèmes   de   retraite   dans   les   pays   voisins. Attention, comparaison n’est pas raison : « la comparaison des systèmes de retraite est un exercice délicat et doit être effectuée avec prudence. (…) les paramètres décrits peuvent renvoyer à des réalités différentes sous couvert de termes identiques (âge, durée d’assurance, taux plein, etc.) ». (Rapport du Cor, 2020) Ainsi, les systèmes sont peu comparables, car « en France, l’âge mis en avant est l’âge légal, en dessous duquel on n’a pas le droit de partir, alors que dans les autres pays, c’est l’âge où on peut partir à taux plein ». (Henri Sterdyniak, OFCE).

De plus, l’espérance de vie sans incapacité des femmes française est inférieure de 6 mois à la moyenne européenne et celle des hommes de 9 mois. La France se situe seulement en 9ème position dans l’UE concernant l’espérance de vie sans incapacité à la naissance. Concernant les espérances de vie à la naissance, la France se situe à la 2ème position de l’UE pour les femmes, mais seulement à la 9ème pour les hommes.

Le Gouvernement ne dit pas : « la réforme est injuste et inefficace » …

Et pourtant ils devraient… Les enjeux prioritaires d’une réforme des retraites juste et efficace devraient être d’augmenter les minimas de pensions, d’agir pour l’égalité hommes/femmes, de rendre systématique un rendez-vous « retraites » pour tous les salariés employés à temps partiel dès 40 ans, d’améliorer l’emploi des séniors, de mieux prévenir l’usure professionnelle et tenir compte de la pénibilité afin d’avoir une retraite en bonne santé.

En ce qui concerne le financement du système, l’UNSA considère qu’une mesure d’âge entraînerait des économies sur les retraites, mais induirait des dépenses supplémentaires de chômage et d’invalidité. C’est une proposition dogmatique qui aggraverait les inégalités sans pour autant améliorer le système de retraite en France. La priorité doit donc aller vers le maintien en emploi des séniors avant 62 ans et, si nécessaire, une hausse des cotisations patronales et salariales. Quelques euros par mois suffiraient

Le Gouvernement dit : « de toute façon, la réforme aura lieu » …

FAUX : la présentation de la réforme prévue le 15 décembre a été décalée le 10 janvier, puis présentée officiellement en Conseil des ministres le 23 janvier. L’objectif gouvernemental est une entrée en vigueur à l’été 2023. En décalant son annonce, le gouvernement s’est acheté du temps pour faire rentrer tout le monde dans le rang et espère faire porter sur les opposants à sa réforme injuste la responsabilité d’éventuels blocages. C’est aussi la marque d’une certaine inquiétude de l’exécutif, quoiqu’ils en disent.

Aujourd’hui, l’ensemble des organisations syndicales sont unies ; une première depuis 10 ans ! C’est le signe d’une réforme injuste et pénalisante. La mobilisation du 19 janvier sera déterminante pour faire reculer le Gouvernement et pour peser dans le débat !

Les actions à venir ont pour objectif de mettre un terme au recul de l’âge de départ à la retraite et au changement de règles de calcul des pensions.

Pour L’UFAP UNSa Justice ce n’est pas un an, pas un mois, pas un jour de plus !

Ensemble, montrons notre détermination !

L’UFAP UNSa Justice soutient les actions entreprises par les Personnels pénitentiaires et les appels à signer la pétition nationale :

https://www.unsa.org/Retraites-non-a-cette-reforme-injuste-et-brutale.html

Mobilisons-nous massivement le jeudi 19 janvier 2023, partout sur le territoire, en Métropole et en Outre-Mer !

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