jeudi 18 juillet , 2019

Santé et Sécurité au Travail : L’UNSa Justice claque la porte du CHSCT-M

Au regard du nombre effarant d’accidents de service dans notre ministère, sur lesquels l’administration ne communique quasiment pas et pratique ainsi l’omerta, l’UNSa Justice a réaffirmé avec  détermination lors du CHSCT-M du 11 juillet son objectif visant à aboutir à une véritable culture de prévention des risques et ce, au-delà des promesses sans lendemain.

Ce CHSCTM a été l’occasion d’insister particulièrement sur plusieurs risques dont sont victimes les agents de ce ministère : les violences, les RPS et l’amiante.

R I S Q U E S P S Y C H O – S O C I A U X

S’il est un sujet que l’administration ne peut ignorer, c’est bien la souffrance des agents et les Risques Psycho-Sociaux (injonctions contradictoires, violences internes, perte de sens du travail, modes de management, surcharge de travail, etc…).

Les représentants de la Ministre se sont retrouvés bien à la peine pour se montrer à la hauteur de nos attentes sur les Risques Psycho-Sociaux. Une « honte » dans un ministère où la souffrance psychique des agents est à son paroxysme.

Suite au recrutement d’une dizaine de psychologues du travail qui ne suffiront pas à faire face au rouleau compresseur déployé par l’administration, nous avons réclamé une augmentation des moyens et des effectifs de toute la filière Santé et Sécurité au Travail.

Nous avons voté favorablement à la présentation d’un bilan de leur action en CHSCT-M afin qu’ils puissent rendre compte – sans censure – d’une situation qui devient de plus en plus dramatique.

U N E P A R O D I E D E D I A L O G U E S O C I A L

Méprisant les règles de fonctionnement du CHSCT, l’administration a une fois de plus refusé de nous communiquer par écrit les suites données aux avis émis par le CHSCT-M.

Trois ans de reports successifs : démonstration que nous assistons à une parodie de dialogue social !…

La volonté de ce ministère de presser les agents comme des citrons au mépris de leur santé les mène inévitablement vers des accidents de service ou des maladies professionnelles. C’est là une triste réalité en totale opposition avec les opérations de communication mensongère vantant la qualité de vie au travail et autres boniments…

A M I A N T E

Arrivé à l’épineux sujet de l’amiante pour lequel une plainte a été déposée à Cayenne par l’UNSa Justice et l’USM, l’administration a une fois de plus tenté la stratégie du rétro pédalage en essayant d’échapper à un avis du CHSCT-M, en prétextant que nous avions obtenu au CHSCT-M précédent la création d’un groupe de travail sur le sujet.

A force de ténacité, nous avons tout de même réussi à obtenir un vote qui a été unanime vis à vis des actions suivantes, reprenant pour beaucoup des prescriptions réglementaires pas toujours appliquées dans notre ministère (un comble !) :

  • faire un inventaire complet de tous les sites dans lesquels l’amiante est susceptible d’avoir été utilisé lors de la construction ou lors de la rénovation des locaux et le communiquer trimestriellement au CHSCT-M au fur et à mesure de l’avancement,
  • communiquer, parmi l’ensemble des Diagnostics Techniques Amiante (DTA), ceux révélant la présence d’amiante aux représentants des personnels en CHSCT-D,
  • intégrer de manière effective la fiche récapitulative du DTA dans l’évaluation des risques (DUERP),
  • recenser le personnel qui a été exposé et informer les représentants des personnels de l’état d’avancement de ce recensement,
  • mettre en place une communication avec les personnels,
  • améliorer la prévention et la prise en charge des personnels et des personnes ayant été exposées.

VIOLENCES PHYSIQUES À L’ENCONTRE DES PERSONNELS PÉNITENTIAIRES

A l’origine du groupe de travail sur les violences, l’UNSa Justice avait déjà dénoncé la censure des vidéosurveillances des agressions commises sur les personnels à des fins de prévention.

Les représentants des personnels ont proposé au CHSCT-M de se prononcer sur la gestion des multirécidivistes auteurs de violences graves sur les personnels.

En effet, les violences à l’encontre des agents étant toujours et encore en augmentation, les représentants des personnels souhaitent qu’à travers cette instance des dispositions soient prises pour engager des moyens efficaces afin de prévenir la réitération de ces actes de violence graves. Tout en sachant que nombre de ces auteurs sont souvent des multirécidivistes.

Par conséquent et afin de forcer le débat, nous avons avancé des propositions relatives par exemple aux violences entraînant une ITT de plus de 8 jours, le principe d’un menottage des détenus agresseurs…

Le moins que l’on puisse dire, c’est que du côté de l’administration, ce sujet dérange et à tout le moins, il rend mal à l’aise certains représentants.

Grand bien leur fasse, même s’ils ont nourri le débat autour du DROIT, nous n’abandonnerons pas l’objectif à atteindre : LA PREVENTION DES RISQUES ET DE TOUS LES RISQUES !

Face au mépris maladroit qui nous a été affiché, les représentants de l’UNSa Justice et de l’USM, ainsi que Force Ouvrière, ont claqué la porte de cette instance ministérielle. Pour autant, nous ne lâcherons pas !… A bon entendeur, suite au prochain épisode…

Paris, le 17 juillet 2019 Les représentants UNSa Justice au CHSCTM.

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