L’UFAP UNSa Justice Nîmes alerte aujourd’hui la direction interrégionale sur la situation catastrophique de Nîmes !
Depuis l’ouverture du nouveau bâtiment (DAC) de la maison d’arrêt de Nîmes, les personnels se sentent trahis.
Il nous avait été clairement annoncé que ce nouveau dispositif ne conduirait PAS à une augmentation de la population pénale, mais uniquement à la résorption des matelas au sol et à la réduction de notre surpopulation chronique extrême.
La réalité est tout autre.
À la fin de l’été, nous avons ouvert le DAC avec environ 470 détenus pour 341 places théoriques.
Aujourd’hui nous atteignons 650 détenus,
soit 180 personnes détenues supplémentaires pour un taux de surpopulation de 190% !!!
Les entrants ne cessent d’affluer, notamment en provenance de départements éloignés de la région nîmoise. Sur la journée de lundi 6 arrivants, mardi 12 arrivants, hier encore 5 arrivants.
L’UFAP UNSa Justice Nîmes, avant même l’ouverture, avait alerté et dénoncé les conditions de travail des personnels et avait prévenu que nous ne pourrions supporter une hausse conséquente de la population pénale compte tenu des services annexes et logistiques déjà inadaptés à nos 470 détenus ! Alors à 650, que dire ??!
- Un vestiaire détenu devenu trop petit pour stocker les effets personnels des détenus
- Des locaux inadaptés aux personnels administratifs notamment nos agents du greffe qui travaillent à 7 dans moins de 30m2, avec des allées et venues incessantes de personnels d’autres services (pour accéder aux dossiers pénaux, à la machine pour créer les cartes de circulation etc…) . Un 8ème agent est prévu pour renforcer ce service qui gère pas loin de 1000 dossiers de détenus écroués (hébergés et non hébergés) mais on ne sait pas où on va le mettre puisqu’on ne peut même plus se déplacer au sein de ce service. C’est une honte de faire subir cela à des personnels
- Un service comptabilité qui va s’arracher les doigts à force de saisir des milliers de référence des bons de cantines, références toujours plus nombreuses alors qu’on devrait les limiter !
- Nos collègues du SPIP qui ne s’en sortent plus et qui ne peuvent plus faire leur travail de façon qualitative. Des permanences qui s’enchainent, aujourd’hui 17 arrivants à voir. Plus de 90 suivis, des rôles CAP envoyés tardivement avec des avis à rédiger en urgence, des plannings qui changent perpétuellement, etc…
- Un service médical qui n’est pas en capacité d’accueillir tous les détenus compte tenu de la petitesse deslocaux. Des travaux d’agrandissement sont prévus mais pour le moment on fait comment ?
- Une cuisine trop petite dont l’agrandissement est en cours de travaux avec la mise en place d’une externalisation de la buanderie. Cette cuisine ne pourra assurer les repas que pour 700 détenus au maximum. À la vitesse où on va, d’ici fin décembre on aura atteint ce seuil. Et après on fera quoi ??
- Des parloirs non adaptés qui prennent encore la forme d’une petite salle commune. Les familles n’arrivent plus à prendre leur rdv hebdomadaire. Les agents parloirs croulent sous les tonnes de sacs de linge à fouiller que les familles ramènent chaque jour, en plus de devoir occuper le poste de SAS piéton. Des box parloirs sont prévus mais pas avant 2 ans. Et en attendant on fait quoi ??
Les agents sont déjà au bord de l’explosion. Heures supp à gogo, des nuits tendues entre extractions, arrivants, over des postes, violence grandissante en détention, manque de personnel.Et malgré tout cela, les agents n’ont jamais de remerciement ou de mot positif à leur encontre, seulement et toujours des reproches. Pointer ce qui ne va pas ok, mais récompenser ou féliciter les agents pour leur professionnalisme lors de la gestion d’incident par exemple est tout aussi important.
Cela s’appelle du management !
On nous demande toujours plus plus plus ! nous disons STOP ! Ce DAC n’aura servi à rien puisque dans quelques semaines nous allons nous retrouver dans la même problématique de surpopulation qu’avant.
On nous met chaque jour un peu plus dans la merde,
on nous demande de la manger et de dire MERCI !
Monsieur le directeur interrégional, les Nîmois ne sont pas du genre à se plaindre pour rien. Vous connaissez très bien la structure et vous savez que les conditions dans lesquelles nous travaillons depuis plusieurs années, notamment depuis les travaux est juste insoutenable. C’est grâce aux agents que ce projet a pu voir le jour, c’est grâce à eux que la maison d’arrêt de Nîmes continue de fonctionner aujourd’hui. Ce sont eux qui portent cette prison à bout de bras et aujourd’hui à bout de souffle. La maison d’arrêt de Nîmes n’est pas une variable d’ajustement.
NOUS EXIGEONS :
- L’arrêt immédiat des déroutages vers Nîmes
- Une réelle prise en compte des contraintes structurelles
- Des conditions de travail dignes et sécurisées
Si aucune mesure immédiate et concrète n’est prise pour stopper ces déroutages et ainsi réguler la population pénale en fonction de la structure, un mouvement fort des personnels sera inévitable.
L’UFAP UNSa Justice Nîmes demande à tous les personnels, tous corps et grades confondus de se tenir prêts à se mobiliser dans les prochains jours !
Le 27/11/2025, le bureau local UFAP