lundi 17 juin , 2019

Ur de la Guadeloupe – Pourquoi Mme TAUBIRA refuse t-elle de visiter les prisons Guadeloupéennes ?

Les termes égalité et fraternité inscrits dans les principes inaliénables de la république française n’ont apparemment de l’importance pour Madame la Ministre que dans certaines occasions !!

Oui, rappelons-nous : lors de la grande manifestation du peuple Guadeloupéen contre la « profitasyon »  en 2009, Mme TAUBIRA, en sa qualité de Domienne, avait jugé utile de soutenir ce combat légitime, rejoignant les rangs du LKP pour défiler sous le slogan « la Gwadloup sè tan nou, la Gwadloup sé pa ta yo ». 

Comme depuis lors beaucoup d’eau a coulé sous les ponts, et nous souhaiterions savoir, Mme la Ministre, où en êtes-vous aujourd’hui par rapport à cette Guadeloupe que vous vous étiez appropriée en 2009 et pourquoi alors autant de maltraitances depuis votre mandature ?

Qu’avez-vous donc contre les fonctionnaires et justiciables de notre territoire ?

Nonobstant que l’une de votre première action depuis votre nomination fut de supprimer les projets immobiliers pénitentiaires de la Guadeloupe (la démolition et la reconstruction de la MA de Basse Terre, le Dispositif d’Accroissement Capacitaire de BMAO).

La semaine dernière, au plus grand mépris de tous les fonctionnaires de la  Guadeloupe appartenant au Ministère de la justice, vous faites un déplacement dans les deux zones sœurs Martinique et Guyane avec de nombreux effets d’annonces, sans envisager de venir sur place ni évoquer une seule fois la situation extrêmement déplorable de la justice en Guadeloupe…

Contrairement à toutes les balivernes que vous avanciez ici et là pour justifier d’autres priorités qui n’en sont pas, les projets avaient bien été ficelés, les appels d’offres étaient bien lancés ainsi que les études du sol à BMAO pour un montant d’environ 70 à 80 millions euros pour Basse Terre et 55,5 millions d’euros pour l’agrandissement du CP de BMAO. Ces chiffres sont introuvables aujourd’hui car à votre demande, la PIJ refuse de nous les communiquer, essayant de masquer tant bien que mal votre responsabilité dans cette gestion calamiteuse des moyens attribués à la justice dans notre département.

Du jour au lendemain et après votre arrivée, c’est plus de 4 années de travail, tant de notre organisation UFAP/Unsa Justice que de l’administration pénitentiaire (DAP) qui furent anéanties…

Eh oui, malheureusement, nous constatons avec effroi une grande différence de positionnement quand vous êtes au pouvoir et quand vous ne l’êtes pas… Ô démagogie quand tu nous tiens… !!! 

Défiler sous les drapeaux du LKP, ne nous gène pas Madame, bien au contraire. Cela a même un temps suscité de l’espoir, lors de votre arrivée. Surtout chez ceux qui, au quotidien, ont la main dans le « cambouis » et qui font fonctionner malgré tout l’institution. Ils mériteraient vraiment un peu plus de considération, de reconnaissance…

Madame TAUBIRA vous n’êtes pas sans ignorer que la situation de la justice en Guadeloupe bat tous les records de « catastrophisme ».

La prison de Basse-Terre est dans un tel état qu’elle a été cataloguée honte de la république par Mr ….

Les tribunaux, autant de Basse-Terre que de Pointe-à-Pitre, ainsi que les SPIP sont hébergés dans des locaux totalement inadaptés, ne respectant aucune règle d’hygiène ni de sécurité. La souffrance au travail est récurrente et dénoncée tous les jours par notre organisation.

Les détenus Guadeloupéens vivent dans une telle salissure, une telle promiscuité, qu’ils seraient fondés à faire condamner la France chaque jour pour traitement inhumain, les règles pénitentiaires européennes étant également ici totalement bafouées.

On n’évoque même pas l’article 57 interdisant les fouilles que vous avez fait voter en 2009 et qui dans de telles conditions a fait sauter tous les verrous de sécurité de nos prisons, mettant un peu plus chaque jour en  danger la vie des fonctionnaires intervenant dans ces structures.

Comment dans de telles circonstances pouvez vous vous déplacez en Martinique et en Guyane ignorant totalement les fonctionnaires et les justiciables Guadeloupéens ?

Avez-vous peur de venir ou êtes-vous simplement mal à l’aise, gênée par l’incohérence de vos décisions, de leurs conséquences ?

La Guadeloupe est-elle toujours à vous, à nous, à qui ?

L’UFAP UNSa Justice de Guadeloupe s’indigne de ces différences de traitement et exige des explications.

Pour l’UR de la Guadeloupe

Patrick DAMAS

Secrétaire Régional

tract Visite éclair du GDS en Martinique et Guyane !! (1)

Related posts