US – Déclaration Liminaire du CTM du 20 novembre 2015

Madame la Ministre,

Monsieur le Secrétaire Général,

Mesdames et Messieurs, 

L’Unité Syndicale UFAP-UNSa Justice, SNP-FO Personnels de Surveillance, SNJ-FO Personnels Administratifs et CGT Pénitentiaire, représentant plus de 86 % des Personnels, est consternée par la nouvelle vague d’attentats suicides qui a touché notre pays et en particulier Paris le vendredi 13 Novembre 2015.

Elle s’associe à la douleur des français et des étrangers touchés par ce drame.

C’était dans ce contexte très particulier que l’Unité Syndicale avait pris la décision, en toute responsabilité, de suspendre le mouvement social entamé depuis le 22 0ctobre 2015.

Cependant, les revendications portées depuis maintenant plusieurs mois par cette unité syndicale restent d’actualité. L’unité syndicale s’interroge sur la réelle volonté du gouvernement de mettre à niveau les moyens nécessaires à un fonctionnement équilibré des services pénitentiaires.

Comment ne pas s’étonner qu’il faille une intervention du Président de la République pour qu’une attention soit portée sur les attentes légitimes des Personnels pénitentiaires ?

Comment ne pas être surpris de l’interprétation faite ensuite par le ministère de la justice des propos du chef de l’Etat ?

Faut-il voir ici une sorte de mascarade organisée pour diluer et zapper la réalité des difficultés exprimées par l’Unité Syndicale, porte-parole des Personnels ?

Comment se fait-il qu’il soit si difficile d’aborder les questions de sécurité au ministère de la justice ? A croire que ce seul mot est banni du vocabulaire !

Pourtant l’insécurité est bien présente au sein de nos détentions. Pire, elle est amplifiée par les décisions déraisonnables en termes de gestion emploi, de cadre législatif de travail et de mise en place de mode dégradé prise par ce ministère et l’administration.

Comment parler de réinsertion quand on laisse se développer la violence en détention ?

Combien de victimes faudra-t-il pour que les mots « sécurité » et « moyens » ne soient plus bannis ou atrophiés ?

Et quand Michel Sapin évalue au bas mot à 600 000 000€ la facture des récents attentats, jusqu’à quand devrons nous subir une rigueur budgétaire outrancière qui rejette systématiquement les besoins vitaux pour permettre un mode de fonctionnement normalisé et valorisant ?

Ce n’est pas du luxe ou du superflu que demande l’Unité Syndicale, mais juste l’essentiel pour dégager l’horizon de saines conditions de travail, d’attractivité des métiers pénitentiaires, de véritables objectifs de réinsertion et sérénité de vies sociétales.

Il est temps que le ministère de la justice change sa psychorigidité en un pragmatisme efficace.

Il est temps d’arrêter de toujours repousser à demain les questions brûlantes.

Il est temps de mettre fin aux séries de réunions stériles, aux rapports successifs d’audits et d’inspections.

Il est temps de savoir décider, savoir investir pour l’avenir.

Quand sont annoncés des « efforts sans précédent », il est temps de ne plus entendre, d’un côté, qu’il s’agit en fait d’une remise à niveau, et de l’autre, que l’effort annoncé se réduit à des arbitrages d’apothicaires susceptibles de faire une mixture avec des engagements ou des réalisations déjà en cours.

L’Unité Syndicale a bien noté et aligné les points soulevés le 29 octobre dernier par le Président de la République avec ceux attendus par les Personnels pénitentiaires.

Il est donc normal et légitime que l’Unité Syndicale maintienne fermement ses revendications.

A ces points s’ajoute aujourd’hui la création de 2500 emplois annoncée au congrès de Versailles.

Pour l’Unité Syndicale il hors de question que ces 2500 emplois supplémentaires se transforment en un amalgame global qui une fois encore gommerait la réalité des besoins nécessaires à l’administration pénitentiaire.

C’est pourquoi l’Unité Syndicale souligne à nouveau l’urgence de :

  • Résorber les vacances de postes en détention et dans les autres services
  • Mettre fin à tout fonctionnement en mode dégradé, et augmenter le TCCBS
  • Honorer les besoins incontournables des PREJ
  • Prévoir d’ores et déjà les départs à la retraite et assurer également les formations en temps et en heure
  • Renforcer les effectifs de Personnels administratifs et de Personnels techniques, et établir enfin des organigrammes
  • Inclure les besoins générés par les nouvelles missions
  • Augmenter de manière significative l’ICP et sacraliser cette indemnité
  • Revaloriser la PSS pour tout le monde
  • Rejeter le RIFSEEP
  • Replacer statutairement l’ENAP dans les services déconcentrés
  • Et enfin, instituer un dialogue social

Il appartient désormais à l’administration de prouver la hauteur qu’elle accorde à ces enjeux.

Paris, le 20 novembre 2015

L’Unité Syndicale

151120 – Déclaration liminaire CTM du 201115

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