Ce mardi, le Centre Pénitentiaire de Valence a encore frôlé le drame. En cours de promenade de la MAH 1, une bagarre d’une violence extrême a éclaté entre plusieurs détenus. Des coups de couteaux ont été échangés. L’agresseur a attaqué son antagoniste, lequel s’est défendu avec une lame de couteau en céramique de 6 cm, retrouvée par la suite en zone neutre. Grâce au professionnalisme, à la réactivité et au courage exemplaires des agents présents, la situation a été rapidement maîtrisée et l’escalade évitée. Un drame potentiellement irréparable à quelques centimètres de se produire.
Et ce n’est pas un événement isolé, vendredi dernier, sur cette même maison d’arrêt, un agent a été agressé dans l’exercice de ses fonctions. Le 10/02/2026 en fin de journée, une bagarre violente a éclaté en cellule entre trois dé- tenus ; une fois de plus, seule l’intervention immédiate et décisive des agents a empêché le pire. Trois incidents en quelques jours. Trois fois où nos collègues ont tenu la ligne. Trois fois où la chance a aussi fait partie de l’équation. Ces jours-là, nous avons eu de la chance mais demain ?
CE N’EST PAS UN ÉPIPHÉNOMÈNE, C’EST UNE RÉALITÉ QUE L’ON REFUSE DE VOIR EN FACE !
L’UFAP UNSa Justice du CP de Valence ne cesse de le marteler depuis des mois : la violence en détention ne tombe pas du ciel ! Elle s’installe, elle s’enracine, elle prospère dans un terreau que nous connaissons tous parfaitement. Les chiffres officiels du ministère de la Justice le confirment noir sur blanc. Au 20 février 2026 sur la DISP de Lyon, 8 497 détenus hébergés pour 6 132 places, soit 139 % de taux d’occupation moyen, 10 910 personnes écrouées au total. Pour le CP de Valence : Le QMA accueille 547 détenus hébergés pour 344 places théoriques, soit 159 % de taux d’occupation ; le QMC, lui affiche 93 hébergés pour 114 places (82 %) et la SAS 88 hébergés pour 90 places (98 %). Ce ne sont pas des abstractions statistiques : ce sont des cellules surchargées, des tensions décuplées, une poudrière à ciel ouvert dans laquelle nos collègues travaillent chaque jour.
Une surpopulation pénale qui ne faiblit pas. Des cellules saturées. Un QA qui dégueule. Des tensions qui montent, qui couvent et qui explosent. Et en face de tout cela ? Des effectifs insuffisants. Des agents qui gèrent l’ingérable avec les moyens du bord, jour après jour, nuit après nuit.
Nos collègues ne sont pas des magiciens. Ils ne peuvent pas être partout à la fois. Et pourtant, c’est ce qu’on leur demande, tacitement, en refusant de donner à cet établissement les moyens qu’il mérite depuis trop longtemps.
UNE LAME EN CERAMIQUE DE 6 CM : UNE DE PLUS !
Et il faut être clair sur un point que l’UFAP UNSa Justice du CP de Valence rappelle avec force : les couteaux en céramique ne sont pas détectés par nos portiques de sécurités !
Et ce n’est pas une découverte isolée. L’UFAP UNSa Justice du CP de Valence rappelle qu’au moins trois couteaux en céramique ont été retrouvés dernièrement sur le seul quartier maison centrale (QMC). Combien en reste-t-il ail- leurs, dissimulés, attendant d’être utilisés ? La réponse à cette question devrait glacer le sang de quiconque a encore un sens des responsabilités dans cet établissement.
C’est précisément pour cette raison que l »UFAP UNSa Justice du CP de Valence exige une fouille générale et appro- fondie de l’ensemble des secteurs de l’établissement, sans exception, sans compromis. Pas des fouilles ciblées qui donnent bonne conscience au locataire de la place VENDOME, qui les mettra en avant aux prochaines présiden- tielles. Une fouille d’ampleur. C’est toute la détention qui doit y passer.
Ce constat d’échec est un bras d’honneur institutionnel lancé aux visages des agents, alors que ces décideurs viennent donc passer vingt-quatre heures en détention avec les agents : ils comprendront enfin ce que le principe du mépris institutionnel veut dire, vu de l’autre côté du bureau.
Dans un contexte de surpopulation pénale chronique, où les cellules débordent, où les tensions entre détenus sont exacerbées, où les personnels sont en nombre insuffisant pour assurer une surveillance digne de ce nom, ce cocktail est explosif. Le Sénat lui-même l’a formulé sans ambiguïté dans le cadre du PLF 2026 : « nous n’avons plus seulement affaire à une surpopulation carcérale, mais aussi à une surpopulation pénale ». Les incidents qui se multiplient ici sont la démonstration brutale et concrète de cette réalité que l’administration refuse d’entendre.
Le manque d’effectifs n’est pas une fatalité, c’est un choix budgétaire. La surpopulation pénale n’est pas une fatali- té, c’est un choix politique. La violence qui en découle, en revanche, est bien réelle et c’est l’intégralité des person- nels qui en paient le prix au quotidien.
À NOS COLLÈGUES : RESPECT, FIERTÉ ET RECONNAISSANCE.
Dans ce chaos, dans cette violence soudaine et brutale, les agents présents ont réagi avec un professionnalisme et un courage qui forcent le respect. La situation a été maîtrisée. L’escalade a été évitée. Des drames qui auraient pu être irréparables ne se sont pas produits, et c’est à eux qu’on le doit. L’UFAP UNSa Justice du CP de Valence tient à leur adresser ses plus sincères remerciements et à saluer leur sang-froid, leur réactivité et leur engagement sans faille. Dans des conditions de travail de plus en plus dégradées, ils continuent à assumer leur mission avec une dignité exemplaire.
L’ADMINISTRATION EST PRÉVENUE. NOUS ATTENDONS DES ACTES.
A Valence les trafics sont omniprésents, il n’y a pas un jour sans que téléphones, connectiques et stupéfiants soient retrouvés dans les cellules. !
Si, les détentions ne sont pas des scènes de crimes, on le doit à la vigilance des personnels de tout corps et grades, mais comme à l’accoutumé si malheur devait arriver soyons en certain la DGAP cherchera à se couvrir en rejetant la faute sur les agents.
Face à cette situation d’extrême urgence, l’UFAP UNSa Justice du CP de Valence réitère sa demande et exige de la direction des actes forts à l’encontre des protagonistes, des transferts doivent être fait et dans l’urgence et le plus loin possible !
Le temps des paroles est dépassé depuis des lustres et cet établissement n’est pas loin d’une explosion.
Parce que si certains estiment que la fumette détend nos usagers pas tellement contraints du service public, il appa- raît que la gestion du trafic, pour sa part, soit particulièrement génératrice d’extractions médicales…
L’UFAP UNSa Justice du CP de Valence une présence au quotidien !
Valence le 25/02/2026
Pour le bureau Local Fabrice SALAMONE