Le « DARMA’buzz » : Plus rapide que l’éclair… sauf que cela tend davantage vers le ridicule que vers l’au-delà !
Chaque jour, notre ministère multiplie les annonces « spectaculaires » sur les chaînes d’information et dans les journaux. Pour le grand public, cela impressionne, mais pour nous personnels pénitentiaires, cela sonne faux car nous connaissons la réalité !!!
Derrière les effets spéciaux, c’est le néant, nos établissements, ce n’est pas Toy Story. C’est le terrain brut, sans trucage, où tout est bien réel aussi bien les coups, les agressions, le manque de moyens, le manque d’hygiène, la surpopulation carcérale que les ordres contradictoires. Nous refusons d’être considérés comme des jouets en plastique dans une mise en scène politique.
Épisode 1 : Les quartiers d’isolement sécurisés… version carton-pâte.
Pour la DI de Toulouse, on nous vend un blockbuster : 4 établissements CP Perpignan, CP Béziers, CP Seysses, CP VLM…
Sur le papier, ça brille sur le terrain, c’est du décor de fête foraine.
Il n’y a ni moyens, ni effectifs et pas beaucoup plus de matériel. Il y a juste des annonces sonores… et des personnels qu’on laisse se débrouiller face à des détenus de plus en plus violents et nombreux
On nous demande d’entrer en scène avant même que le décor soit monté.
Les détenus à très haut spectre arrivent, eux, « en avance sur le tournage ». Pas de répétition, pas de doublure, pas de sécurité supplémentaire, et surtout zéro droit à l’erreur.
Les personnels eux sont perplexes :
« Je gère des profils aussi lourds et dangereux qu’en QLCO sans la moindre contrepartie et sans reconnaissance ? »
Les acteurs, c’est nous, les cascadeurs aussi et les dommages collatéraux, c’est encore nous !!!
Dans ce film qui recommence quotidiennement, ce sont les personnels qui paient l’addition, santé physique et morale qui se dégradent entre surpopulation carcérale et conditions d’exercice sanitaires douteuses.
Épisode 2 : Les QLCO quand la fiction dépasse l’absurde.
On nous sert la suite et les QLCO comme si c’était l’invention du siècle. Transferts filmés, photos héroïques, éléments de langage calibrés… Une vraie bande-annonce hollywoodienne façonnée pour briller
Et puis, vient la scène qui flingue tout :
« Un détenu présenté comme l’un des 100 plus dangereux de France, placé en QLCO bénéficie d’une permission de sortie. »
Même Buzz l’Éclair en perdrait ses ailes : « Ce n’est pas du vol… c’est une chute sans cerveau ! »
C’est ça l’effet « DARMA-COM » :
Des annonces qui claquent plus fort que la réalité… mais qui tiennent à peine plus longtemps que des piles premier prix un soir de Noël.
Épisode 3 : Opération Zéro Portable Le grand tirage au sort : Ce sera toi qui …. Ah non pas toi.
Nouvelle annonce magique, nouveau buzz qui claque :6 établissements dans la France choisis pour le « zéro portable ».
Et les 180 autres ? relégués au fond du coffre parmi les jouets cassés ?
Pourquoi Seysses et pas Perpignan, Tarbes, Rodez, VLM, Albi, Nîmes, Béziers, Lavaur, Lannemezan, Montauban, Foix, Mende, Muret, Carcassonne où encore St Sulpice ?
Pourquoi ? Alors que toute l’Occitanie crève sous la surpopulation carcérale, des conditions de travail indignes, des postes vacants dans tous les services.
Et pourtant, on dirait un enfant qui choisit simplement son joujou préféré du moment. Le sérieux disparaît, la cohérence s’évapore, le respect des personnels demeure Inexistant !!!
Encore une décision plus électorale que professionnelle et plus médiatique que sécuritaire.
Les personnels pénitentiaires NE SONT PAS des jouets, ni des super héros en plastique que l’on remplace au gré des modes et encore moins des pions que l’on déplace selon vos besoins de communication. Ils ne doivent jamais être les accessoires d’un spectacle politique. Et encore moins un décor pour d’éventuelles ambitions ministérielles ou présidentielles.
Nous sommes des professionnels, formés et responsables, mais mis en danger par vos décisions.
L’UFAP UNSa Justice UR de Toulouse dénonce le mépris, l’incohérence, la manipulation et l’abandon dont est responsable l’administration.
Nous refusons d’être figurants dans vos scénarios.
Nous exigeons des moyens pour TOUS les personnels, PARTOUT, dans TOUTES les structures de la DI.
Parce que nous, contrairement à la « DARMA-touch », on travaille dans le réel, pour le collectif, pas dans un dessin animé.
Les Secrétaires Généraux
UFAP UNSa Justice UR de Toulouse