La semaine dernière, une délégation régionale UFAP est venue à la rencontre des agents du SPIP du MO de Clermont-Ferrand et au CP de Riom.
Nous tenons remercier tous les personnels pour leur bon accueil et pour nos échanges.
MO DU SPIP de Clermont-Ferrand :
Que ce soit au siège ou au bâtiment d’accueil des PPSMJ, L’UFAP UNSa Justice de l’UR De Lyon a n’a pu que constater l’ambiance plus sereine et plus apaisée qui règne désormais au sein des équipes et du service. Une page se tourne.
Un seul être vous manque et le management n’est plus le centre névralgique des problématiques et des conversations.
Certains personnels, très fragilisés il y a peu, ont retrouvé le sourire et la confiance. Nos échanges avec les CPIP, les PA et les ASE ont enfin pu porter sur les conditions de travail ou sur des problématiques spécifiques telles que le passage à Prisme ou encore l’opacité liée à la promotion à la classe exceptionnelle par l’avancement pour les CPIP, un sujet sur lequel L’UFAP UNSa Justice milite pour des critères transparents et plus justes. Comme dans tous les SPIP, les conditions de travail au quotidien ne sont pas une sinécure mais les deux renforts de CPIP attendus pour le mois de septembre laissent définitivement à penser qu’une période plus positive se dessine.
Le virage managérial est perceptible avec la nouvelle approche de l’équipe de direction. L’UFAP UNSa Justice de l’UR De Lyon a eu un échange très positif avec la directrice adjointe qui nous a paru attentive aux besoins de ses agents et à l’écoute de leurs problématiques. Elle nous a confirmé l’arrivée du nouveau DFPIP pour la fin août. Elle s’est dit prête à étudier toute proposition visant à soulager la masse de travail des agents notamment au SPIP 15 pour qui la crise des RH s’inscrit dans la durée et au CP de Riom où les agents doivent faire face à la surpopulation carcérale.
Engagés dès les premiers signaux d’alerte dans la lutte contre les violences managériales et la reconnaissance de la souffrance des personnels, L’UFAP UNSa Justice de l’UR De Lyon ne peut que constater qu’à force d’alertes, d’enquêtes, de formations spécialisées et de pression syndicale, la réalité finit parfois par s’imposer.
Cette affaire laissera néanmoins un goût amer : combien d’agents fragilisés ? Combien de départs ?
Quelle ampleur des dégâts humains avant qu’enfin les évidences soient reconnues ?
CP DE RIOM :
Au CP de RIOM, les personnels ne travaillent plus, ils absorbent des flux : Avec pas loin de 600 détenus, la surpopulation carcérale à la MA atteint à 154%, le CD est au maximum de ses capacités d’accueil (162 détenus pour 164 places) et on approche de 20 semi-libres au QSL. Alors que la population carcérale s’emballe, le socle de l’équipe du SPIP tend à se fragiliser en raison de l’absence de renforts depuis plusieurs années : 9 CPIP, 2 PA, 1 AS, 1 coordinatrice d’activité…La situation est tellement à flux tendus que le moindre aléa de la vie d’un service (arrêt de travail, temps partiel thérapeutique…) ou la perspective de la fin de l’intervention de la CPIP placée sont durement ressentis par l’équipe qui a peu de marges de manœuvre face à la masse de travail.
LE SPIP DU CP DE RIOM EST A l’OS !
Dans cette perspective, L’UFAP UNSa Justice du SPIP 63/15 et de l’UR de Lyon ont permis aux personnels de s’exprimer sur leurs difficultés et de penser leur action dans le cadre d’heures mensuelles syndicales. En effet, Il devient extrêmement compliqué de prendre du recul sur ces univers de travail très dégradés où tous les personnels sont soumis aux urgences et aux délais contraints. C’est « l’effet tunnel. » Pour soulager les personnels et parvenir à un mode d’intervention protecteur et adapté au plus près des besoins des agents, une audience syndicale sera sollicitée auprès de la direction SPIP afin d’approfondir « le mode dégradé » déjà en vigueur. Et pour rappeler l’exigence de renforts RH alors que les organigrammes de référence sont complètement obsolètes face aux flux et à l’afflux des détenus !!!
L’UFAP UNSa Justice du SPIP 63/15 et de l’UR de Lyon se fera le relais de propositions concrètes auprès de la direction, dans une démarche constructive et consensuelle pour tous les agents. La situation catastrophique liée à la surpopulation carcérale nécessite de repenser régulièrement des modes de travail protecteurs et de définir les priorités dans l’action en trouvant des consensus.
Les personnels tiennent le service public pénitentiaire à bout de bras.
Ils absorbent la surpopulation, compensent les vacances de postes, encaissent les injonctions contradictoires et continuent malgré tout à faire tourner l’institution.
Mais jusqu’à quand ?
Car à force de demander toujours plus à ceux qui ont déjà tout donné, certains finiront par découvrir qu’un service public ne tient pas uniquement sur le professionnalisme et l’abnégation de ses agents.
Pour L’UR UFAP UNSa Justice de LYON :
Cédric ROCHIS Secrétaire Général, Florian ROUSSET Secrétaire Général Adjoint, Elise MOURGUES & Lise BAUDOIN du bureau du SPIP 63-15.