Organisation Syndicale Multi-Catégorielle

Visites délégation nationale et régionale dans les SPIP du nord de l’AURA, mal-être et malaise dans la maison SPIP !!

La semaine dernière, les représentants régionaux accompagnés de nos représentants nationaux sont allés à la rencontre des personnels des SPIP les plus septentrionaux de notre région.


Partout l’accueil des personnels a été très positif et nous remercions chaleureusement tous les personnels pour nos échanges. L’ UFAP UNSa Justice a été à l’écoute des problématiques des personnels et a eu à cœur de les relayer auprès de nos hiérarques.


SPIP de l’Allier, antenne de Montluçon :


La spécificité du territoire de l’Allier est qu’elle comprend 4 RA (Moulins, CP de Moulins-Yzeure, Cusset composées de petites équipes de 7 à une dizaine d’agents. En l’absence de renforts RH et face au grand plan social en cours dans les SPIP qui ne dit pas son nom, dans les petites unités de travail et les petits SPIP à flux tendus, les agents sont fragilisés et les organisations de travail deviennent intenables, puisque les marges de manœuvre sont réduites.

Le SPIP de Montluçon n’échappe pas à la règle et les personnels subissent la montée en puissance de leur charge de travail (85 personnes suivies pour un temps plein environ…).

Ils pallient à l’absence temporaire de leur adjointe administrative, ils expérimentent depuis longtemps la prise en charge du présentenciel avec les POP (plus de 200 en 2025…) qui viennent grever leur permanence quotidienne et rigidifier l’organisation du travail. Une quarantaine de détenus est incarcérée à la petite maison d’arrêt qui a une capacité de 22 places, soit une surpopulation carcérale qui atteint 177%. Leur prise en charge nécessite là encore une gymnastique contorsionniste dans l’organisation hebdomadaire de travail, puisque tous les CPIP interviennent en détention. La vitesse de travail et l’usure qu’elle engendre ainsi que l’absence d’horizon RH produisent leurs effets délétères.

D’autant plus que le service conserve un niveau d’exigence soutenu quant à la mise en place d’actions collectives.
Les locaux vétustes et peu adaptés à l’accueil du public et à la sécurité des agents sont une des problématiques saillantes de ce SPIP. Un déménagement ou à minima des travaux pour sécuriser la structure ne peuvent plus attendre pour éviter de mettre les agents dans une situation à risque.
Dans ce SPIP, éloigné du CIFHA lyonnais, l’accès à la formation est aussi une difficulté. Malgré la nouvelle note de la DISP, les agents regrettent qu’aucune solution ne soit mise en œuvre pour les accueillir le dimanche soir quand les formations débutent le lundi et ils comptent sur une compréhension de leur hiérarchie dans l’octroi de délais de route.


Enfin, nous avons abordé la situation critique des contractuels et de la revalorisation de leur traitement. Dans leur mouroir statutaire, les perspectives d’évolution salariales sont dérisoires alors que l’inflation est de mise et que les prix de l’essence et des factures énergétiques explosent…Ce fut l’occasion pour L’ UFAP UNSa Justice d’intervenir auprès de la DI pour rappeler la nécessité de revaloriser ces personnels qui permettent aux SPIP de continuer à fonctionner en leur donnant un peu d’air. L’ UFAP UNSa Justice a rappelé son combat pour la création de passerelles entre les contractuels dont le travail est reconnu sur les terrains et leur titularisation ne serait ce que par l’ouverture d’un nombre plus élevé de postes par la voie d’accès au 3e concours.

SPIP de l’Allier : antenne de Moulins et du CP de Moulins-Yzeure :


Notre venue au SPIP de l’antenne de Moulins coïncidait par hasard avec la visite du DGAP. Lors de l’audience syndicale, les représentants locaux et régionaux de L’ UFAP UNSa Justice ont tenté d’expliquer à un DGAP un brin hors-sol, en autopromotion avec une tendance à soliloquer avec ses éléments de langage calibrés, toutes les problématiques qui fragilisent les agents au SPIP de l’Allier.

En premier lieu, le management délétère, vertical et aucunement soutenant d’une équipe de direction locale peu prompte à la remise en cause. Le dialogue social est d’ailleurs au point mort avec des représentants locaux essorés et dépités face à la brutalité et aux quolibets qu’ils essuient en instance.

On l’a vu dans d’autres SPIP comme le SPIP du Puy-De-Dôme, un dialogue social à l’arrêt est révélateur de l’état des relations entre une direction et ses agents. L’ UFAP UNSa Justice l’a rappelé à la direction lors de notre échange informel survenu au CP.

Nous leur avons demandé de s’inscrire dans un dialogue social respectueux et d’associer plus les agents à leur décision (nous avons mis en exergue la nouvelle localisation du SPIP au sein du CP qui a laissé pantois les personnels de la MA…) et de mieux considérer la vulnérabilité de leurs agents soumis à une charge de travail intense, que ce soit en MO, à la MA ou même à la MC confrontée à l’évolution des profils et à un turn-over grandissant.

Là encore, dans ces SPIP à flux tendus et aux charges de travail grandissantes, le moindre arrêt de travail se solde par des répercussions terribles pour les personnels qui ne disposent pas de marge de manœuvre RH. De ce point de vue, l’année 2025 a été une annus horribilis aux antennes de Moulins et de Cusset. Et ce n’est pas en pointant le nombre d’arrêts de travail par agent comme la direction l’a fait dans une réunion de service en MO au mois de février qu’on apporte des solutions et qu’on motive les troupes !!!!


Comme à Montluçon, L’ UFAP UNSa Justice a mis en avant la question des locaux du MO de Moulins devant le DGAP et la direction. Ils sont peu adaptés et peu sécuritaires. Là aussi, la question d’un déménagement se pose de plus en plus crucialement.


L’UR UFAP UNSa Justice de Lyon sera attentive à la question critique du management, notamment dans une perspective de prévention des risques psychosociaux. Lors de la prochaine Formation spécialisée du CSA de la DISP de Lyon, nous maintiendrons notre avis favorable à une visite d’une délégation de la FS au SPIP de l’Allier.


SPIP DE LA LOIRE, ANTENNE DE ROANNE (CD & MO) :


Un mois, après notre dernière visite, la situation a peu évolué. Au CD, les agents subissent de plein fouet les conséquences de la surpopulation carcérale dans les maisons d’arrêt avec un taux d’occupation qui se rapprochent du 100%, un turn-over et une cadence de travail grandissant et des profils de détenus de plus en plus difficiles. Dans ce contexte, la doctrine QPR qui détourne de précieux moyens pour faire briller la vitrine a dû mal à passer, même si les lignes semblent un peu bouger et que la nécessité de rééquilibrer les charges de travail et d’optimiser l’organisation du service semble infuser pour la direction comme nous avons pu le constater lors de nos échanges. Il n’en reste pas moins que des agents sont fragilisés dans leur travail quotidien.

En MO, les conditions de travail sont toujours aussi indignes. L’UR UFAP UNSa Justice de Lyon va continuer à militer pour un déménagement rapide des locaux tant ils sont inadaptés et aucunement sécuritaires. Alors que ces derniers mois, des incidents sérieux se sont succédé, la direction du SPIP de la Loire et la DI ne peuvent plus occulter la question du risque sécuritaire des structures vieillissantes en MO qui ne sont plus adaptées à l’accueil de nos probationnaires (À l’instar de Villefranche, d’Annecy ou encore Valence…) !!

Nous rappelons également que la charge de travail est très élevée dans ce service (plus de 100 personnes suivies par CPIP pour un temps plein…) ou encore que les après-midis, ce sont les CPIP qui assurent l’accueil du public… L’absence d’ouverture de postes à la mobilité 2026 ou encore le départ de la CPIP placée est une hérésie alors que le mal-être des personnels est palpable…Et que ceux-ci ont encore la force et la volonté de proposer des actions collectives pour dynamiser les prises en charge.

SPIP DU RHÔNE, MO DE LYON :


La dernière étape de nos rencontres n’aura pas été la moins stupéfiante. En effet, le jeudi 02/04, un incident a eu lieu dans la salle d’attente et les locaux d’accueil du public. Un probationnaire a littéralement décompensé alors qu’il était reçu par la collègue de permanence. Celle-ci a fait le job avec un sang-froid remarquable jusqu’à l’arrivée des ambulanciers et des forces de l’ordre. La gestion pour le moins légère de l’équipe de direction nous a interpellés et un retex nous semble nécessaire dans la perspective d’une politique de prévention des risques digne de ce nom.


Face à la massprobation et à la surcharge de travail qui frappent là encore et fragilisent tous les agents du service, la question des équilibres entre le temps libre et le temps de travail se pose d’autant plus d’acuité. Sur la question du télétravail, l’incompréhension des personnels est totale.

Papy fait de la résistance !!!

Certes, le DFPIP est connu pour son illibéralisme envers ses agents et sa capacité à s’asseoir sur les textes et les contraintes réglementaires (Il n’est toujours pas à jour au niveau de la Charte des Temps…) mais là, sa désinvolture et sa défiance pour les personnels atteint son paroxysme. Nous sommes dans l’un des derniers SPIP de France où l’octroi d’un deuxième jour de télétravail est soumis à de terribles arguties avec des agents sommés de prouver qu’ils performent pour pouvoir en bénéficier.

La note régissant le télétravail au sein du service ne respecte en rien la circulaire du ministère de la Justice du 23/02/2024 qui pose un cadre juridique clair et qui permet l’équilibre entre les contraintes professionnelles et une liberté dans l’organisation de son travail. Pourtant, nos échanges sur l’expérimentation de la semaine de 4 jours auraient de quoi faire bouger les lignes. Si nous ne sommes pas dans le contexte très libéral du CP de Bourg-en-Bresse où les effets positifs sur les personnels sont manifestes, la semaine de 4 jours est plutôt bien vécue par les personnels qui l’expérimentent malgré la contrainte des horaires fixes.

POUR L’UR UFAP UNSa Justice de Lyon, cet exemple nous renforce dans l’idée que l’administration doit rentrer dans l’ère de la confiance. L’UFAP UNSa Justice promeut l’individualisation du temps de travail tout en respectant l’équilibre des vies d’équipe sur les unités de travail.


La vraie modernité au travail est de pouvoir optimiser son organisation au travail par rapport au temps libre. Dans le contexte de crise actuel, avoir des marges de liberté sur son organisation de travail est une plus-value pour le bien-être des agents.


L’UFAP UNSa Justice va suivre de près cette thématique et les autres sujets brûlants du service, comme la réorganisation du travail après la fin du Pôle Courte Peine, dont nous avons toujours dénoncé la faillite depuis sa création. Face à une direction peu à l’écoute et valorisant peu le travail et l’engagement de ses personnels, notre présence sera quotidienne pour défendre l’intérêt des agents.

Bullshitisation de nos métiers, perte de sens, surpopulation carcérale en MF, massprobation en MO, manque de moyens humains, pression managériale, les agents des SPIP sont constamment mis à l’épreuve et le mal-être au travail gagne. Ce tour d’horizon montre que les combats syndicaux à mener sont nombreux. Face aux rouleaux compresseurs, vous pouvez compter sur l’engagement sans failles de nos représentants locaux, régionaux et nationaux !!

Pour L’UR UFAP UNSa Justice de LYON :

Les secrétaires généraux : C.ROCHIS, N. CHEKHAD,F.ROUSSET, S. ROYERE.

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