La nuit de dimanche à lundi a une nouvelle fois démontré les limites, pour ne pas dire les failles, de la gestion des effectifs et de la sécurité au sein de notre établissement.
Sur le papier, l’effectif semblait déjà particulièrement contraint : cinq agents sur six étaient programmés au quartier hommes et uniquement une surveillante sur les deux prévues pour le quartier femmes.
Puis, à 1h45, trois agents sont mobilisés afin d’extraire un détenu à l’hôpital à la suite de vomissements. Leur retour n’interviendra qu’à 6h15.
Pendant 4h30, notre établissement a donc fonctionné avec seulement trois agents opérationnels sur les quartiers — deux au quartier hommes et une au quartier femmes — auxquels s’ajoutait le gradé de nuit.
QUATRE HEURES ET DEMIE.
Quatre heures et demie durant lesquelles il fallait continuer à assurer les rondes, les contrôles, les interventions éventuelles, la sécurité de la structure et des personnes détenues… avec un effectif réduit à l’extrême.
Le tout en croisant les doigts que rien d’autre ne vienne agiter l’établissement en cette nuit déjà bien perturbée.
Alors posons simplement les questions que tout le monde devrait se poser :
- QUE SE SERAIT-IL PASSÉ EN CAS D’INCENDIE ?
- EN CAS D’ALTERCATION EN CELLULE ?
- EN CAS D’ÉVASION ?
Qui aurait été en mesure d’intervenir ?
Qui aurait pu porter assistance au rondier en difficulté ?
Qui aurait pu sécuriser simultanément les différents secteurs de l’établissement ?
Et surtout, qui aurait été désigné responsable si, faute d’effectifs suffisants, les agents n’avaient pas été en mesure de porter secours à une personne en danger ?
C’est une mise en danger délibérée des personnes placées sous-main de justice et des personnels !!
Parce qu’à un moment, il faut arrêter de considérer que la chance et le professionnalisme des personnels (aussi discuté soit-il) peuvent tenir lieu de politique de sécurité.
ET LA PORTE PRINCIPALE ?
La situation devient encore plus préoccupante lorsque l’on regarde concrètement l’organisation des rondes.
Lors de la ronde de 1h00, c’est le gradé de nuit qui assure la tenue de la porte principale.
Lors de la ronde de 5h00, c’est l’adjoint de la cheffe d’établissement qui se retrouve à tenir cette porte.
Oui, vous avez bien lu !
Alors que l’administration nous répète à longueur de temps que la sécurité constitue une priorité absolue, comment peut-on en arriver à une organisation dans laquelle les personnels disponibles sont tellement peu nombreux que l’encadrement doit être mobilisé sur des missions rendues nécessaires par le sous-effectif ?
Ce n’est pas une question de confort ! Ce n’est pas une question de convenance ! C’est une question de sécurité !
Et lorsqu’une organisation du service conduit à devoir trouver, dans l’urgence, des solutions qui n’ont manifestement rien de normal pour assurer les missions essentielles de l’établissement, c’est bien qu’il existe un problème de gestion des effectifs.
NOUS REFUSONS QUE LE PROFESSIONNALISME DES AGENTS SERVE DE VARIABLE D’AJUSTEMENT.
Le bureau local tient néanmoins à féliciter sans réserve l’ensemble des agents de nuit. Une nouvelle fois, ce sont eux qui ont tenu la baraque.
Une nouvelle fois, ce sont eux qui ont absorbé les conséquences d’une organisation à flux tendu.
Une nouvelle fois, ils ont fait preuve de sang-froid, de professionnalisme et d’un sens remarquable du service public.
Ils ont fait leur travail. Ils l’ont fait dans des conditions qui, elles, ne sont pas normales.
Et c’est précisément parce que les personnels répondent présents que l’administration peut parfois avoir l’impression que tout fonctionne.
Mais attention : ce n’est pas parce que les agents réussissent à faire face que le dispositif est acceptable.
Il ne faudrait pas confondre professionnalisme des personnels et qualité de l’organisation.
LES EXTRACTIONS MÉDICALES DE NUIT NE PEUVENT PAS ÊTRE GÉRÉES AU DÉTRIMENT DE LA SÉCURITÉ DE L’ÉTABLISSEMENT.
Le bureau local demande donc qu’une véritable réflexion soit immédiatement engagée sur la gestion des extractions médicales et hospitalisations en service de nuit, particulièrement lorsque l’établissement fonctionne déjà avec des effectifs réduits.
Nous demandons notamment que soient étudiées des solutions permettant :
- D’anticiper la perte brutale de plusieurs agents en cours de service ;
- De définir clairement les modalités de renfort lorsqu’une extraction médicale mobilise plusieurs personnels ;
- De garantir en permanence un niveau d’effectif permettant d’assurer les missions de sécurité essentielles ;
- De revoir les organisations de service lorsque le seuil critique d’effectif est atteint ;
- Et surtout, de ne plus faire reposer la sécurité de tout un établissement sur la capacité des quelques agents présents à “tenir” jusqu’à la relève.
Cette nuit aurait pu se terminer sans incident. C’est tant mieux !
Mais l’absence d’incident ne signifie pas que l’organisation était satisfaisante.
La sécurité ne doit pas être évaluée une fois que tout s’est bien passé.
Elle doit être pensée avant que l’incident survienne.
Parce que le jour où un événement grave se produira, il sera trop tard pour expliquer que les agents avaient pourtant fait tout leur possible.
Le bureau local refuse cette logique.
Nous ne voulons pas avoir à attendre un drame pour que l’administration considère enfin la question des effectifs comme une urgence.
La sécurité des personnels et des personnes détenues ne peut pas être une priorité uniquement dans les discours, les réunions ou les notes de service.
Elle doit l’être dans les effectifs.
Elle doit l’être dans l’organisation. Elle doit l’être dans les décisions.
Cette nuit encore, les agents ont démontré qu’ils pouvaient faire face à l’impossible.
Notre revendication est simple : arrêtons de leur demander de le faire.
Le bureau local demande des réponses ! Le bureau local demande des mesures ! Le bureau local demande des garanties !
Et surtout, le bureau local restera particulièrement attentif à ce que cette situation ne devienne pas la nouvelle normalité.
La sécurité n’est pas négociable.
La sécurité ne se gère pas à l’effectif minimum.
La sécurité ne doit jamais dépendre de la chance.
L’administration doit se poser les bonnes questions quant au maintien de la direction sur l’établissement au regard d’une part des prises de décisions sans aucunes notes de services ne soient élaborées et d’autre part du taux d’absentéisme exponentielle depuis janvier 2026 résultant en partie du management toxique de la direction !
Le bureau local appelle le personnel dijonnais à exercer leur droit de retrait et à s’organiser de manière à garantir sa sécurité par un appel quotidien bâtiment/bâtiment, et de ne remplir que sa mission de garde et de sécurité.
Le bureau local