Organisation Syndicale Multi-Catégorielle

Centre de Détention de Villenauxe-la-Grande : ON N’EST PAS TAXI PENITENTIAIRE

Chers collègues,

Après la « POLICE PENITENTIAIRE », nous voilà désormais « TAXI PENITENTIAIRE » et ce n’est pas la première fois. Ici, ce n’est pas un film de Luc Besson. C’est la douce réalité du monde carcéral, mais austère et implacable.

Pourtant, ce lundi matin, ordre absurde et dangereux :    Le surveillant vaguemestre doit accompagner un détenu libérable jusqu’à Provins. Avec quel véhicule ? Un véhicule administratif inadapté.      Avec qui ? Un CPIP en simple accompagnant.  Comment ? En uniforme pénitentiaire et sans téléphone.
Pourquoi ? Parce que personne n’a eu la moindre idée d’anticiper la sortie de ce détenu.

On se croirait dans un mauvais remake de Taxi. Mais oubliez les poursuites à 200 km/h, les répliques cultes et les bagnoles tunées. Ici, pas de Samy Naceri au volant. D’ailleurs, notre collègue, en uniforme pénitentiaire et sans téléphone, n’a rien d’un acteur. C’est juste un surveillant, parachuté au dernier      moment dans une mission qu’il n’a jamais demandée et qui n’a rien à voir avec sa vocation encore moins ses missions. Une direction qui confond prison et VTC, et qui balance son personnel en première ligne comme des chauffeurs Uber de fortune.

Petit rappel essentiel : Le surveillant vaguemestre a pour mission la collecte et la distribution du courrier entre l’établissement et la Poste. Parfois, il transporte des colis. Mais certainement pas des « colis humains » instables et imprévisibles, qu’on transforme en passagers contre leur gré. On n’est pas dans Le Transporteur, et Jason Statham n’est pas au volant non plus.

Pendant le trajet, le détenu ne s’est pas montré agressif, contrairement à ce que l’on pourrait craindre dans une telle situation. Cependant, il représentait toujours un danger potentiel pour les occupants du véhicule, en raison de son passé et de son comportement sur l’établissement.  Au vu de l’actualité, où les personnels représentant l’autorité se font régulièrement agresser, insulter et menacer, la prudence et la sécurité doivent être des priorités absolues dans de telles missions. Le fait qu’un détenu, même libérable, puisse circuler sans un encadrement adéquat est une dérive dangereuse, surtout dans un véhicule inadapté, et à une époque où la sécurité des personnels doit être une priorité absolue.

Cette situation ubuesque doit cesser. Le surveillant n’est ni un agent d’accompagnement improvisé, ni un chauffeur Uber, encore moins un figurant dans une parodie ratée de Besson. Il est là pour assurer la sécurité des établissements, pas pour jouer les chauffeurs de profils instables dans des véhicules inadaptés, avec un uniforme et une prière comme unique protocole.

UFAP UNSa Justice dit STOP. Ce n’est ni légal, ni sécurisé, ni acceptable.  C’est du bricolage irresponsable, de l’amateurisme à haut risque, un cocktail explosif pour une  catastrophe annoncée.

La prochaine fois, ceux qui n’auront pas anticipé la sortie d’un libérable feront le nécessaire pour         l’accompagner en toute sécurité, sans mobiliser la pénitentiaire, puisque le détenu n’est plus écroué.

On n’est pas dans une parodie de Besson, pas un taxi, ni le Transporteur. On est bien en prison, avec des règles, des risques, surtout des protocoles et des responsabilités.

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