LA COUPE EST PLEINE…

Monsieur le Chef d’établissement, depuis votre prise de fonction à la MAISON d’arrêt de Guéret, vous ne pensez qu’à la mise en place de vos journées d’activités, plus soucieux du bien-être de la population pénale et de vos objectifs de carrière que de la santé du personnel. Vous avez profondément réorganisé le fonctionnement quotidien du service et les missions des agents de l’établissement, ce qui vous heurte inévitablement au bons sens d’une bonne partie du personnel et des intervenants, conscients des risques que vous leurs faites courir et des inepties qu’ils constatent sur le terrain. Même si l’Ufap/Unsa Justice se veut moderne et ouverte à l’évolution de la profession, les dispositions inconsidérées qui entraînent des problèmes sécuritaires ne peuvent être passées sous silence, comme vous le faites si bien en minimisant les incidents qui nuisent à votre grand projet.
Méthodiquement, vous harcelez les personnels qui vous font part des dysfonctionnements et des sérieux problèmes de sécurité : « par des menaces lors d’entretien individuel, des lettres de recadrage, des agressions verbales voire physiques ». Pour avaliser votre projet, vous avez transféré certaines missions stratégiques à des alliés dévoués, sans concertation des OS ni appels d’offres. Ces derniers se voient gratifiés par des promotions internes ou tableaux d’avancements. Tout ce processus engendre un mal être considérable au travail et a entraîné une vague de départ sans précédent de la maison d’arrêt (mutation, retraites anticipées, CLM…). Notre section syndicale a bien compris votre fonctionnement « sanction, promotion » vous intimidez les plus professionnels, et encouragez ceux qui facilitent votre ascension sociale.
Pour l’Ufap/Unsa Justice et les agents qui vous ont alerté à plusieurs reprises sur les difficultés et les conséquences de votre gestion calamiteuse de l’établissement, ce n’est pas acceptable. La maison d’arrêt est devenue un véritable camp de vacances. L’avalanche d’activités quotidiennes (encadrées ou non) et l’organisation interne adaptée à votre bon vouloir créent un désordre monumental. Les différentes catégories pénales circulent librement, se rencontrent au gré de leurs déplacements et rendent la sectorisation impossible (retour semi-liberté et extraction à toute heure…). Ce brassage permanent entraîne une augmentation significative des trafics en tout genre et met en danger aussi bien le personnel que la population pénale. Nous ne nous étalerons pas sur le sentiment d’impunité qui se développe à l’issue des relaxes et des sursis prononcés lors des commissions de discipline et qui entraîne une recrudescence des violences en tout genre, sans précédent : « agressions, insultes, vandalisme et menaces de mort ». Notre structure n’est pas adaptée à ce type de gestion. Nous ne pouvons plus assurer correctement notre mission de sécurité de surveillance et de réinsertion. La médiatisation permanente (de vos bonnes actions), votre souci d’image n’est pas la solution à nos problèmes internes. Il est temps de changer votre type de management et de mettre en place Monsieur Le Chef d’Établissement, un véritable dialogue avec votre personnel : équitable et neutre sur le fond et sur la forme.
Le 11 mai 2018 Le bureau local Ufap/Unsa Justice

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