La France vient de franchir un nouveau cap dans la surpopulation : 87 126 détenus écroués au 1er mars. Un record historique qui n’est rien d’autre que la médaille d’or de l’inertie politique. Pendant que les ministres et les plans médiatiques pour les prisons se succèdent, la réalité du terrain est un enfer quotidien.
Nos prisons débordent et ressemblent désormais au métro parisien aux heures de pointe, où les détenus s’entassent faute de place. L’encellulement individuel ? Une chimère jetée aux oubliettes de l’Histoire.
Des taux d’occupation délirants : 221 % à Villepinte, 240 % à Tarbes et à Rochefort… Certaines structures cherchent même le moindre bout de sol disponible pour y jeter un matelas…
407 détenus pour 177 places à Béthune, 1 305 détenus pour 680 places à Lyon-Corbas où les tensions commencent à se faire sentir avec un récent mouvement collectif de détenus suite à l’annonce de tripler les cellules… À tout cela s’ajoutent les 6 875 matelas au sol (+50 % en un an !!!).
Les agents gèrent l’ingérable : structures saturées, services désorganisés, tensions permanentes, violences exacerbées de la population pénale et absence de réaction de la DGAP et du Ministère de la Justice face à l’urgence… Le mal est profond et le système est sur les jantes !
On demande aux personnels pénitentiaires de réussir là où toute la société a échoué, mais avec quels moyens ?
4 000 personnels manquent à l’appel pour simplement combler les vacances de postes. Les agents ne sont plus à bout de souffle, ils sont en train de crever !! Usés physiquement et psychologiquement par des rythmes infernaux, des agressions quotidiennes et une charge de travail colossale. C’est la débrouille érigée en doctrine, avec option agressions permanentes incluse. C’est simple, on manque de tout, sauf de risques !
L’UFAP UNSa Justice tient à féliciter les personnels qui malgré cette situation assure leur mission quotidienne avec un grand professionnalisme
Les personnels sont assis sur un baril de poudre. L’UFAP UNSa Justice prévient : quand tout craque déjà de partout, l’explosion n’est plus un risque, c’est une échéance !!
L’UFAP UNSa JUSTICE EXIGE :
- Un plan d’urgence de résorption des emplois vacants
- Une solution d’urgence pour faire chuter la tension
- Le respect du principe d’encellulement individuel.
- Une reconnaissance concrète de la dangerosité et de la pénibilité de nos métiers.
Les prisons françaises sont sous pression… Quand elles exploseront, ne dites pas que vous ne saviez pas !
Le Secrétaire Général,
Alexandre CABY