Organisation Syndicale Multi-Catégorielle

« L’IMPORTANT C’EST PAS LA CHUTE, C’EST L’ATTERISSAGE… »

L’été touche à sa fin, la rentrée est là. La prison n’est apparue, dans les médias durant la période estivale, que pour pallier l’absence de sujet croustillant dans le planning des chaînes d’infos en continue… Pour autant, les personnels pénitentiaires ont-ils vécu un été 2023 en pente douce ? Pas vraiment !
Temps pourri ou canicule, rien ne change, rien ne bouge pour celles et ceux qui assurent le fonctionnement quotidien des chaudes détentions et services pénitentiaires.

Surpopulation, violences, punaises de lit et conditions de travail…

Avec 73700 détenus, les taux d’occupation des maisons d’arrêt restent très élevés. Si la moyenne nationale se situe à 143%, Tulle, Nîmes, La Roche-sur-Yon, Carcassonne et Foix dépassent les 200% ! Les fortes chaleurs ont également contribué à rendre la gestion quotidienne des détentions plus difficiles et les conditions de travail encore plus détériorées.

L’Etat a d’ailleurs fait l’objet d’une nouvelle condamnation par le TA de Montpellier concernant la situation du CP Perpignan. Pour l’UFAP UNSa Justice, les conditions de détention sont avant tout les conditions d’exercice des personnels pénitentiaires. À quand une condamnation de la DAP pour conditions de travail inhumaines et dégradantes ?
À quand des injonctions judiciaires pour contraindre le ministre de la Justice à les améliorer dans les plus brefs délais ?

500g de stup’ pour la 2, un plateau repas au visage pour la 9 et une prise d’otage pour la 14 !

Le quotidien des personnels ne cesse de s’aggraver : violences et agressions en tous genres (Beauvais, Neuvic, Ecrouves), survols de drones et projections qui alimentent les trafics en détention (Valence, Epinal, Beauvais, établissements de PACA-Corse), sans oublier la prise d’otage de personnel du 11 juillet dernier au QMC Moulins ! Voilà l’été 2023 !

Des personnels épuisés, rien d’étonnant, non ?

À ces conditions inhumaines et dégradantes d’exercice de nos missions, s’ajoutent le sous-effectif chronique, les rappels sur les repos et la non-couverture de postes. Les personnels pénitentiaires sont épuisés par ce cycle infernal du « faire toujours plus » en étant de moins en moins nombreux !
Mais qui s’en soucie ? Pas notre ministre de la Justice ou le DAP en tout cas. L’essentiel pour ces messieurs est bien ailleurs. La contractualisation du métier de surveillant est passée sans encombre, la réforme « minceur » a été vendue, le nombre de détenus s’est stabilisé voire un peu baissé en août comme les températures … ouf, on est sauvé !

Il n’y a donc plus qu’à attendre le 1er Janvier 2024 et la réforme historique annoncée par le
garde des Sceaux pour voir comment se fera l’atterrissage de l’avion pénitentiaire
actuellement en perdition…

Le Secrétaire Général,
Emmanuel CHAMBAUD

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