Le 24 aout 2026.
Cher Manu,
C’est volontairement que nous nous adressons à toi, et à toi seul, sans nommer ton organisation syndicale. Peut-être est-ce par respect pour ses sympathisants et militants qui n’ont pas oublié d’où ils viennent car ils étaient présents devant les portes avec nous le 27 avril dernier.
Les personnels de notre Interrégion se mobilisaient massivement et bloquaient les établissements pénitentiaires pour dénoncer le sous-effectif, la surpopulation pénale et l’explosion des violences à leur encontre.
Nos camarades méritent le respect car ils ont bravé les sanctions et l’intimidation institutionnelle pour exprimer leur refus du chaos. Minimiser leur mobilisation, c’est faire preuve d’un profond manque de respect envers eux.
Ce droit légitime (que tu qualifies de mascarade) se paie parfois au prix du sang. Pour d’autres, il se paie au prix d’une vie familiale trop souvent sacrifiée. Tout ne se résume pas aux primes, aux réformes ou aux catégories que tu aimes tant à ressasser Manu.
Aucun corps et aucune spécialité n’est épargné par la faillite de ce ministère. A ce titre, les personnels attendent de leurs représentants qu’ils ne fassent pas acte de soumission devant lui mais qu’ils se battent sans jamais rien lâcher.
Tu le vois, Manu : la respectabilité se gagne sur le terrain et dans l’adversité. Les personnels et bon nombre de tes militants l’ont gagnée devant les portes ce jour-là. Mais toi tu t’obstines à diviser nos rangs pour prouver ta loyauté et ta soumission à la Chancellerie.
La mobilisation du 27 avril dernier a été féroce, malgré ton déni et tes manœuvres avortées de « casseur de grève ». D’ailleurs, dans ton propre camp, beaucoup ont exprimé leur incompréhension face à ta « stratégie de démantèlement ». Au fond, tu adoptes les codes des cercles dirigeants que tu aimes tant à fréquenter.
Tu sais très bien, Manu, que nos camarades n’auront d’autre choix que de reprendre le combat pour obtenir ce qui leur est dû. Rien ne s’obtient sans lutte, l’histoire l’a démontré.
Quand le syndicaliste que tu es, passe plus de temps à cracher, tel un lama, sur d’autres organisations syndicales plutôt qu’à exercer son mandat pour combattre le pouvoir – car oui, Manu, le syndicat est un contre-pouvoir -, c’est que tu t’es égaré en chemin ou que tu entretiens une relation malsaine avec lui.
Les réformes et les filières n’enlèvent rien au poids de la peine de nos camarades qui œuvrent au quotidien sur le terrain. Sur ce point il semble que la ligne de démarcation qui sépare tes convictions et l’idéologie de la DAP est de moins en moins claire Manu.
Et de grâce Manu ! Suis une petite thérapie pour ton obsession maladive envers l’UFAP, ses secrétaires généraux et son histoire. Ça devient franchement gênant de se sentir effleuré par la moindre de tes pensées ou peut-être même de tes désirs refoulés.
Pour l’Union Régionale UFAP de Dijon
Les secrétaires généraux
R. Bernier / J. Pita Mukuna
C. Vernerey / F. Chauvet