Le 9 juin 2026.
Le 14 mai 2024, notre profession était frappée en plein cœur suite à l’attaque meurtrière survenue à Incarville. S’en est suivi un mouvement national de contestation et des engagements solennels de l’état (à travers la signature du protocole du même nom) qui visait à renforcer la doctrine d’emploi, les moyens matériels et humains et le niveau d’encadrement des missions.
Les politiques et autres cadres de notre administration se bousculaient devant les points presse à grands coups de « plus jamais ça ! » mais un peu plus de 2 ans après ce drame, force est de constater qu’on est sur le terrain bien loin du compte et des grandes promesses faites à l’époque nous en voulons pour exemple le bien trop faible recours à la visioconférence, point essentiel d’un changement de prisme indispensable !
A l’heure où notre Interrégion s’engage sur le projet des Équipes de Sécurité Pénitentiaires (ESR), l’Union Régionale UFAP UNSa Justice de Dijon ne cesse de marteler que les moyens alloués à l’ensemble des PREJ, ESP et établissements sont tout simplement dérisoires compte tenu du danger qui plane sur nos camarades engagés.
Alors même que nos 4 Pôles de Rattachement des Extractions Judiciaires et nos ERIS fonctionnent en flux tendus permanents, voilà qu’on déploie à « marche forcée » les ESR ce qui va inévitablement conduire à épuisement total des équipages écrasés entre « le marteau » des missions vicinales (pour ne citer qu’elles) et « l’enclume » des astreintes de l’ESR.
Croire que la DGAP acceptera une hausse prévisiblement exponentielle des impossibilités de faire (IDF) relève de l’utopie. Toute cette charge de travail se reportera en bout de chaîne sur nos camarades qui officient dans des conditions de travail indignes en établissement. C’est d’ores et déjà régulièrement le cas pour le plus grand bonheur de nombreux magistrats puisque les missions se reportent de strates en strates.
Depuis le transfert des missions d’extractions judiciaires en 2010, les personnels continuent d’être piétinés et surtout exposés à des risques graves à cause d’effectifs totalement sous calibrés et de la multiplication de commandes politiques de façade.
Si ces carriéristes et politiques bien-pensants se souciaient vraiment de la vie de leurs agents, voilà longtemps qu’ils auraient alloués les budgets nécessaires pour s’y employer. L’Union Régionale UFAP UNSa Justice de Dijon ne peut que se méfier de notre administration qui excelle dans la mise en œuvre de ses funestes projets alors même que nos camarades sont quotidiennement exposés.
Le déploiement des ESR sur notre Interrégion et la pérennisation des missions extérieures doit s’accompagner :
- De création d’emplois proportionnelles au volume de mission et aux contraintes géographiques de chaque service.
- De la remise à niveau des organigrammes d’établissement pour constituer des équipes dédiées ESP sans creuser le tombeau des agents qui officient en détention.
- De la formation de moniteurs intégrés dans les services pour favoriser, en continu, le maintien des acquis et pas à raison d’une session annuelle obligatoire puisque la pratique et la répétition des automatismes sont un gage de sécurité.
En attendant ces avancées concrètes, l’administration doit assumer ses lacunes et faire des Impossibilités de Faire sa seule et unique variable d’ajustement pour protéger ses agents. Les magistrats peuvent très bien se rendre en établissement pour traiter leurs affaires ce qui éviterait parfois de nombreux kilomètres et facteurs de risques à des personnels usés.
Déjà évoqué par notre organisation syndicale, la possibilité de créer un logiciel de planification des missions (entre les magistrats et l’ARPEJ) pour qu’une commande ne puisse être passée que lorsqu’un équipage est disponible. Quand on veut on peut…
Pour l’Union Régionale UFAP de Dijon
Les secrétaires généraux
R. Bernier / J. Pita Mukuna
C. Vernerey / F. Chauvet