Le 23 juin 2026
En seulement deux jours, ce sont 8 couteaux céramiques et une lame de scie de plus de 15cm qui ont été découverts au sein de notre établissement.
Huit couteaux en quarante-huit heures !
Voilà la réalité de notre établissement.
Cette situation est d’une gravité extrême et démontre une nouvelle fois que la sécurité de notre établissement est en train de basculer dans une zone de danger inacceptable. Notre prison sombre progressivement dans le chaos, dans l’indifférence la plus totale de notre administration.
Ces armes ne sont pas des objets anodins : elles sont conçues pour blesser, mutiler ou tuer. Chaque découverte doit être considérée comme un signal d’alarme majeur. Combien de couteaux sont passés entre les mailles du filet ? Combien circulent actuellement dans les détentions ? Combien sont cachés en cellule en attendant d’être utilisés ?
Dans le même temps, on trouve régulièrement de la cocaïne, les bagarres entre détenus se multiplient et deviennent toujours plus violentes. Les agressions envers les personnels se banalisent. L’insécurité gagne chaque jour davantage nos détentions. L’établissement est devenu une véritable cocotte-minute.
804 détenus pour seulement 341 places
257 % de surpopulation au sein des maisons d’arrêt hommes et femmes
Les conditions de travail et de détention ont depuis longtemps dépassé le seuil de l’acceptable. Une situation totalement hors de contrôle qui place les personnels comme les personnes détenues dans des conditions explosives.
À cette surpopulation record, s’ajoute une situation devenue incompréhensible : depuis plusieurs mois, aucun transfert vers les établissements pour peine n’est effectué. Les Dossiers d’Orientation et de Transfert (DOT) s’accumulent par dizaines et restent sans réponse, les décisions d’affectations ne s’exécutent pas.
Plus scandaleux encore, l’agresseur de notre collègue infra est toujours entre nos murs, malgré une condamnation ferme à 18 mois d’emprisonnement !
Cette inertie est tout simplement honteuse et participe directement à l’insécurité des agents !
Nos collègues travaillent dans des conditions indignes. Épuisés, écrasés par des chaleurs suffocantes, confrontés à un manque chronique d’effectifs, les personnels nîmois assurent malgré tout leurs missions au quotidien au péril de leur sécurité. Pendant ce temps, l’administration continue de regarder ailleurs…
Les personnels évoluent dans un bâtiment vieillissant qui tombe littéralement en lambeaux. Les moyens alloués sont dérisoires. Des climatiseurs en panne. Pas de salle de repos climatisée où se restaurer dignement. Voilà la considération accordée à celles et ceux qui assurent la sécurité publique derrière les murs.
Quant au service technique, la situation est tout simplement scandaleuse. Malgré l’agrandissement de la structure, seuls deux personnels techniques tentent de faire face et de maintenir à flot un établissement qui prend l’eau de toutes parts. C’est inadmissible !
Des dizaines de caillebotis restent détériorés, offrant des opportunités permanentes aux trafiquants. Les drones ont désormais le champ libre. Les projections se succèdent à un rythme effréné et alimentent quotidiennement les détentions en objets et produits prohibés.
Aujourd’hui, ce sont des couteaux qui entrent. Demain, ce sera quoi ? Une arme à feu ?
Combien de temps avant qu’un drame irréversible ne se produise ?
Depuis des mois, l’UFAP alerte, dénonce et réclame des mesures concrètes
Si l’administration continue à ignorer les alertes des personnels, elle portera une lourde responsabilité dans les conséquences des évènements à venir.
Les personnels de Nîmes ne veulent pas de compassion APRÈS le drame.
Ils veulent des moyens AVANT le drame.
L’UFAP UNSa Justice de Nîmes exige IMMÉDIATEMENT :
- Un désencombrement massif de l’établissement, avec des transferts hors de la DI de Toulouse compte tenu de l’état catastrophique des détentions de la région
- Un apport urgent d’effectifs afin de combler les vacances de postes et permettre aux personnels d’exercer leurs missions dans des conditions acceptables
- Le recrutement immédiat de personnels techniques contractuels dès le mois de juillet afin de renforcer un service technique exsangue et permettre la réparation en urgence de l’ensemble des caillebotis dégradés. Ainsi qu’un comblement des postes vacants dès le mois de septembre
- La mise en œuvre sans délai d’une fouille XXL de l’établissement (notamment sur le MAH2) afin de reprendre le contrôle des détentions et d’assainir la situation sécuritaire.
Les personnels ont assez attendu.
Les personnels ont assez subi.
Avant qu’il ne soit trop tard, l’administration doit enfin prendre ses responsabilités.
Le bureau local UFAP