Paris, le 25 juin 2026
Le Directeur Général de l’Administration Pénitentiaire se déplace ce soir au Centre Pénitentiaire de Paris La Santé. Pour l’UFAP UNSa Justice, cette visite ne doit pas se résumer à une revue des troupes. Les personnels de La Santé étouffent sous le poids d’un déficit structurel d’effectifs, d’un absentéisme lié à la souffrance au travail et d’un abandon sécuritaire inacceptable.
Face à ce triste quotidien, l’UFAP UNSa Justice exige des engagements fermes.
1. Sécurité et projections : le grand flou des annonces ministérielles
Une ELSP fantôme : des missions extérieures sans armement et des travaux qui traînent !
Le CP Paris La Santé détient le triste record d’être le dernier établissement francilien à ne pas disposer d’une Équipe Locale de Sécurité Pénitentiaire pleinement opérationnelle.
Sur le terrain, les agents effectuent toujours leurs missions extérieures sans aucun armement ! Les armes ne sont toujours pas déployées, entraînant une mise en danger intolérable. Cette équipe doit être basée à la souricière du Tribunal de Paris, mais le site est toujours en travaux. L’UFAP UNSa Justice a la nette impression que la direction joue la montre…
Notre revendication : le déploiement immédiat des armes aux agents et l’accélération de la mise en place effective de l’ELSP.
Plan « Zéro Portable » : des études de faisabilité… et après ?
En novembre dernier, le ministre de la Justice a fièrement annoncé que La Santé faisait partie des établissements prioritaires du plan « Zéro portable » pour lutter contre le fléau des projections de téléphones et de stupéfiants. Hormis des études de faisabilité, nous n’avons aucune nouvelle concernant le début effectif des travaux de sécurisation. Pendant ce temps, les projections, les trafics et les risques pour la sécurité perdurent.
Notre revendication : l’arrêt des discussions et le lancement immédiat des travaux de sécurisation contre les projections.
2. Ressources Humaines : le grand bluff
L’administration affiche un taux de couverture théorique de 95,36% avec 370 agents affectés pour un organigramme de référence fixé à 388 ETP. Mais la vérité est bien différente.
Une fois déduits les détachements, congés de longue durée et autres positions statutaires, l’effectif réel s’effondre déjà à 348.
Pire encore, en retirant les agents en maladie ordinaire de plus de 6 mois et ceux faisant fonction de gradés, l’effectif réellement disponible tombe à 335 agents.
Une perte sèche de 45 agents par rapport à l’organigramme théorique, ramenant le taux de couverture réel à 86,34%. Ces chiffres, du mois de mai, intègrent artificiellement les stagiaires de la 223e promotion mais ne comptabilisent pas encore l’impact des départs de la dernière campagne de mobilité !
Enfin, l’absentéisme, symptôme d’une très grande souffrance au travail, atteint à 25,98% sur les quatre premiers mois de l’année 2026.
Notre revendication : le comblement immédiat des 60 postes vacants, un plan de recrutement massif et une vraie politique de prévention des risques psychosociaux. Cet absentéisme n’est pas un hasard, c’est le résultat direct de l’épuisement professionnel !
3. Attractivité : se loger pour travailler, l’équation impossible
Affecter des agents à Paris La Santé sans leur donner les moyens de se loger est une aberration. Le coût prohibitif des loyers et la lourdeur des circuits d’attribution découragent les personnels et les poussent vers la fuite lors des campagnes de mobilité.
Notre revendication : le déblocage d’urgence d’un parc de logements réservés et accessibles, ainsi qu’un accompagnement renforcé pour les nouveaux affectés et une véritable politique de fidélisation.
Les personnels de Paris La Santé exigent des actes concrets et des moyens pour exercer dans la dignité.
L’UFAP UNSa Justice attend des engagements fermes, pas des promesses ou des effets d’annonce !
Le bureau local UFAP UNSa Justice