Le 9 juillet 2026
Aujourd’hui, chaque extraction médicale mobilise plusieurs agents, un véhicule et des moyens importants. Elle réduit les effectifs disponibles en détention et expose les personnels sur la voie publique, lors des transferts et dans des structures hospitalières souvent insuffisamment sécurisées.
Dans un contexte de sous-effectifs persistants et de forte activité des services chargés des missions extérieures, il devient indispensable de développer des solutions permettant de limiter les déplacements, tout en garantissant la continuité et la qualité des soins.
Cette problématique est encore accentuée par la surpopulation carcérale. Plus le nombre de personnes détenues augmente, plus les besoins médicaux et, mécaniquement, les extractions vers les structures hospitalières se multiplient. Dans ce contexte, chaque examen pouvant être réalisé à distance permet de limiter une sortie, de réduire la mobilisation des équipes et de maintenir davantage de personnels au sein des établissements.
La télé-échographie robotisée apporte une réponse concrète à ces difficultés. Elle permet à un médecin spécialiste de réaliser à distance certains examens grâce à un bras robotisé installé au sein de l’établissement, avec l’assistance d’un professionnel de santé présent sur place.
Ce dispositif permettrait de réduire significativement le nombre d’extractions médicales programmées, de mieux protéger les personnels, de préserver les effectifs en détention, de limiter les désorganisations de service et d’améliorer l’accès aux soins spécialisés des personnes détenues.
Une expérimentation est actuellement menée à la maison centrale de Poissy. Cette innovation ne doit pas rester limitée à quelques établissements ni attendre plusieurs années avant d’être déployée plus largement.
C’est pourquoi l’UFAP UNSa Justice UR de Toulouse demande le déploiement rapide de la télé-échographie robotisée dans l’ensemble des unités sanitaires des établissements pénitentiaires de la région.
À la suite du courrier adressé par notre organisation au Directeur général de l’administration pénitentiaire, l’UFAP UNSa Justice UR de Toulouse saisit également la directrice interrégionale afin qu’elle prenne rapidement contact avec les Agences régionales de santé et les établissements hospitaliers concernés.
Notre demande est claire : engager sans attendre le déploiement de ce dispositif dans l’ensemble des établissements pénitentiaires de la DISP de Toulouse.
Ce déploiement pourra naturellement être progressif, mais son objectif doit être fixé dès le départ : permettre, à terme, l’équipement de toutes les USMP de la région, sans limiter cette technologie à quelques sites pilotes.
Notre région dispose de nombreux établissements, d’une activité soutenue en matière d’extractions médicales et de services particulièrement sollicités. Elle doit saisir cette opportunité pour devenir précurseur et engager une véritable politique régionale de déploiement.
Après le drame d’Incarville, chaque déplacement évité représente une exposition au risque en moins pour les personnels.
L’innovation ne doit pas rester au stade de l’expérimentation. Elle doit devenir un outil concret au service de la protection des agents, de la sécurisation des missions et de la continuité des soins en détention.
Pour une fois, la DISP de Toulouse peut prendre les devants. Elle ne doit pas rater le train.
Pour le Bureau Regional UFAP UNSa Justice UR de Toulouse
Les Secrétaires Généraux