Organisation Syndicale Multi-Catégorielle

AUDIT BIOS MAINTENANT IL FAUT DU CONCRET

Mardi 07 juillet 2026

Suite aux audiences, courriers, alertes et multiples interventions portées depuis plusieurs mois par l’UFAP UNSa Justice, le BIOS de la DISP Marseille s’est déplacé plusieurs jours au Centre de Détention de Tarascon afin de réaliser un audit complet de notre l’établissement. Cet état des lieux permet d’y voir plus clair sur la situation actuelle.

Le bureau local UFAP UNSa Justice de Tarascon, accompagné du Secrétaire Général de l’UFAP UNSa Justice PACA-Corse, a été reçu par le BIOS le vendredi 19 juin 2026 afin de dresser un état des lieux clair, complet et sans langue de bois de la situation de l’établissement. Cet audit, a concerné les surveillants, les gradés, les officiers ainsi que les personnels administratifs.

Pour mémoire, un audit avait déjà été réalisé en 2015. Mais, comme souvent à Tarascon, ce document est resté bien au chaud dans un tiroir. Résultat, rien n’a véritablement été mis en exergue, les difficultés se sont installées, puis aggravées, jusqu’à devenir aujourd’hui structurelles !

Un établissement épuisé, des personnels à bout !

Le constat est sans appel, le CD de Tarascon connaît un absentéisme élevé, dont un nombre (trop) important d’accidents de travail. Pour l’UFAP UNSa Justice, il est indispensable de regarder les choses en face, cet absentéisme chronique ne tombe pas du ciel. Il est lié à des conditions de travail dégradées, à une organisation vieillissante, des journées surchargées, des rythmes usants et à une pression quotidienne qui finit par casser les personnels. Les agents sont rappelés, fatigués et tiennent des postes et un service de nuit en mode dégradé pour absorber les dysfonctionnements d’un établissement qui n’a jamais réellement été modernisé. 

À force de tirer sur la corde, elle finit par lâcher.

Une pénurie de gradés qui désorganise tout !

Sur le papier, l’organigramme des gradés est complet. En réalité, l’absentéisme et le mal-être y sont importants. Cette situation fragilise et met l’établissement en difficulté et, par ricochet, impacte la gestion de la détention. Pour le bureau local UFAP UNSa Justice, il faut désormais identifier les causes profondes de cet absentéisme. Il ne suffit pas de constater les absences, encore faut-il comprendre pourquoi elles existent et pourquoi elles perdurent.

La question est simple : qu’est-ce qui, dans l’organisation actuelle du CD de Tarascon, use autant les personnels ?

Les officiers en surcharge permanente

Concernant les officiers, le BIOS a également relevé que le système actuel d’astreinte à deux niveaux doit être revu. Les groupes d’astreinte sont déséquilibrés. Les officiers assurent à la fois des astreintes et des permanences, ce qui génère de la fatigue, surcharge mentale et épuisement professionnel. Le BIOS a clairement indiqué qu’il fallait les revoir et les réorganiser, afin de trouver un équilibre plus juste entre la direction et les officiers. Des officiers en récupération d’astreinte, ce sont des officiers non présents dans l’établissement ! 

L’UFAP UNSa Justice a également rappelé que certaines missions, qui ne relèvent pas normalement des officiers, leur sont attribuées en raison de l’absentéisme chronique et des postes non couverts. Là encore, on bouche les trous comme on peut, on déshabille Paul pour habillé Jacques.

Moniteurs de sport : attention à la période estivale

L’UFAP UNSa Justice a également alerté sur le manque d’effectifs au niveau des moniteurs de sport. Avec l’arrivée de la période estivale, cette situation risque d’engendrer de nouvelles difficultés dans l’organisation quotidienne, alors même que l’établissement fonctionne déjà à flux tendu.

Brigades, des absences longues non remplacées

Les brigades rencontrent elles aussi des difficultés importantes. Lorsqu’un agent est absent sur une longue durée, son poste n’est pas systématiquement remplacé à titre provisoire. Résultat, les brigades doivent continuer à tourner avec des effectifs réduits, projetant ce manque sur les équipes de détention déjà bien assez acculée. On ne peut pas continuer à faire porter durablement le poids des absences sur les collègues présents.

Des mouvements à revoir entièrement

L’UFAP UNSa Justice a également dénoncé l’organisation des mouvements internes de l’établissement. Aujourd’hui, certains horaires et mouvements varient d’une semaine à l’autre, d’un jour à l’autre, ou encore du matin à l’après-midi : côté droit, côté gauche, pastilles bleues, pastilles blanches, jours pairs, jours impairs, côté intérieur, côté stade, groupe 1, groupe 2, mouvements et douches seuls ou accompagnés, sport ou musculation, ouverture/fermeture du semi-ouvert, départs/retours des travailleurs sur trois créneaux, gestion des confinés, rendez-vous médicaux, mouvements greffe, CDD, mutations de cellule, fouilles, sondages de barreaux, gestion de conflits et bobos en tout genre…  L’organisation globale manque de cohérence, d’organisation et d’uniformité. 

Cette situation met les personnels sous tension permanente et augmente les risques, aussi bien pour les agents que pour la sécurité générale de l’établissement surtout pour l’UFAP UNSa Justice, il est urgent de remettre de l’ordre, de la lisibilité et du bon sens dans l’organisation de ces derniers car c’est à en perdre son latin. 

Mutations de cellules, fouilles et sous-effectif : stop à l’empilement

L’UFAP UNSa Justice a également dénoncé le nombre trop important de mutations de cellules et de fouilles programmées sur le même service, y compris lorsque l’établissement fonctionne en sous-effectif ou en mode dégradé. Quand les effectifs ne sont pas là, il faut adapter l’activité. Faire comme si tout allait bien alors que les agents manquent sur le terrain, c’est prendre des risques inutiles !

Service de nuit – Un fonctionnement à l’ancienne, devenu anxiogène

Le service de nuit devrait fonctionner à 9 agents. Dans les faits, il tourne quotidiennement en mode dégradé à 8 agents, pour 6 postes à tenir. Le fonctionnement actuel est hérité d’une autre époque, celle des plans 13000, année 90, avec une organisation qui n’a jamais réellement évolué. Aujourd’hui, il n’y a pas de “bons” ou de “mauvais” tours, il y a surtout des agents fatigués, usés, et confrontés à une organisation de nuitée anxiogène. Ce système « habilement » crée et maintenu par l’administration permet d’économiser artificiellement des agents.

Pour l’UFAP UNSa Justice, il est possible et nécessaire de ré organisé les tours de nuit afin de construire une organisation moins anxiogène, plus équilibrée et plus respectueuse des personnels. L’objectif est clair, réduire les risques psychosociaux et sécuriser réellement le travail de nuit.

Un taux de couverture insuffisant

Le BIOS a indiqué que le taux de couverture du CD de Tarascon est d’environs 87,5 %, alors que 95 % seraient nécessaires pour faire fonctionner correctement l’établissement. Ce chiffre confirme ce que l’UFAP UNSa Justice dénonce depuis des mois, Tarascon ne dispose pas des moyens humains nécessaires pour fonctionner normalement.

Avec l’ouverture ou la montée en charge de plusieurs structures dans la région, notamment les Baumettes, le Comtat Venaissin et le QLCO d’Aix, la situation du CD de Tarascon ne risque pas de s’améliorer naturellement. Au contraire, le taux de couverture pourrait rester bloqué voir dégringolé pendant plusieurs années. Nous aurons forcément des départs en retraite, démission, évolution professionnelle …..

Cette réalité doit être prise en compte immédiatement !! Nous ne retrouverons JAMAIS un confort de route.

Un service devenu obsolète

Le constat est clair, le service actuel est obsolète. Il correspond à une époque révolue ( là ou il y avait des effectifs). Il n’a jamais réellement évolué en adéquation avec les nouvelles missions et l’évolution de notre profession. 

Néanmoins, la volante permet le deuxième RH, et ce deuxième RH donne à l’agent le pouvoir de décider s’il accepte ou non d’être rappelé. Les journées de 12 heures ne conviennent pas à tous les agents, notamment en fonction de leur vie personnelle. Toutefois, avons-nous suffisamment de postes protégés pour respecter l’alternance entre poste protégé et détention, sans fragiliser les brigades déjà existantes ?

Les nuits devraient idéalement être assurées à 10 agents pour garantir des conditions de travail confortables, mais cela reste impossible au regard de nos effectifs actuels.

Ces dernières années, des postes ont été créés sans apport suffisant d’agents. Les personnels deviennent multitâches, courent partout, compensent tous survivent .

Pour le BIOS, il faut revoir toute la gestion interne de l’établissement et la moderniser.

Des pistes de réflexion et d’améliorations existent

Grâce à cet état des lieux clair, plusieurs pistes de réflexion ont été évoquées, avec le taux de couverture actuelle, notamment la possibilité de construire un service hybride (mixte) , avec des matin-nuit sans volante, ainsi qu’un fonctionnement en grandes et petites semaines.

Ce type d’organisation pourrait également permettre de revoir les périodes de congés, en passant de 3 à 5 périodes, avec deux périodes de 15 jours en été, dont une période sur juillet-août pour chaque agent.

Chaque période de congés pourrait être précédée de deux ou trois repos hebdomadaires non rappelables. Ce remaniement permettrait aussi d’intégrer les jours de formation directement dans le service.

L’objectif serait de construire un service plus dynamique, plus lisible, plus protecteur, permettant aux agents, lorsqu’ils le souhaitent, d’interchanger certaines périodes de congés et de partir 15 jours au lieu d’une semaine hors période estivale et redonner ainsi le pouvoir de vie professionnel et de formation à l’agent. Ces services ont été mis en place dans d’autres établissements et fonctionnent ( Baumettes…) 

L’UFAP UNSa Justice restera vigilante, rien ne se fera sans les agents

Cet audit confirme que les alertes portées depuis des mois par l’UFAP UNSa Justice étaient pleinement fondées. Le CD de Tarascon a aujourd’hui besoin d’un nouvel équilibre, avec des conditions de travail dignes pour les personnels, une organisation soutenable pour les officiers, des brigades réellement renforcées, un service de nuit repensé, des mouvements réorganisés, un organigramme revu et des effectifs enfin adaptés à la réalité du terrain, avec la possibilité étudiée de réaffecter jusqu’à 3 ETP, sous réserve de validation par l’Ex1. 

Bien entendu, tout n’a pas pu être abordé lors de cet audit, par manque de temps. C’est pourquoi le bureau local UFAP UNSa Justice invite donc l’ensemble des personnels à nous faire remonter leurs difficultés, leurs idées, leurs avis et leurs propositions pour l’avenir du CD de Tarascon. Nous sommes les acteurs principaux de notre quotidien.

Il convient également de PRÉCISER qu’un changement de chef d’établissement étant à venir, AUCUNE décision ou projet ne pourra être mis en place avant la nomination de ce dernier.

Nous prendrons le temps de faire les choses afin que les réflexions engagées puissent être reprises sérieusement, dans la concertation, et avec une vision claire pour l’avenir du CD de Tarascon.

L’UFAP UNSa Justice est très claire, RIEN ne devra être imposé aux personnels. Aucun projet ni réforme de service ne se fera sans accord ni présentation aux agents, sans débat, sans écoute. Le bureau local UFAP UNSa Justice veillera à ce que les personnels soient pleinement associés à toute réflexion ou projet éventuel. Les agents ne sont pas des variables ajustement. Ce sont eux qui font tourner l’établissement au quotidien et doivent garder leurs libre arbitre et nous y veillerons ! 

L’UFAP UNSa Justice restera mobilisée, déterminée et vigilante. Ensemble nous avancerons et projetterons nos améliorations et conditions de travail !

Présents, pour vous et avec vous.

Le bureau local UFAP UNSa Justice 

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