Le 24 mars 2026
L’UFAP UNSa Justice UR Toulouse apporte tout son soutien au bureau local UFAP UNSa Justice PREJ Béziers et salue, à son tour, le professionnalisme, le sang-froid et le sens du devoir des agents engagés dans une récente mission d’extraction judiciaire particulièrement sensible.
Les faits sont graves.
Deux personnes détenues classées toutes deux en escorte 4, particulièrement médiatisées après une évasion récente de Villepinte, ont été prises en charge dans un seul et même véhicule, avec en plus une interdiction de communiquer entre elles.
Six agents étaient engagés sur cette mission, dans un véhicule qui n’est absolument pas conçu pour accueillir, dans de telles conditions, deux détenus de ce niveau de dangerosité.
L’UFAP UNSa Justice UR Toulouse le dit avec gravité : une telle organisation est incompréhensible, incohérente et politiquement indéfendable.
Alors que l’administration pénitentiaire ne cesse de renforcer les doctrines, de multiplier les exigences, d’imposer toujours plus de moyens de contrainte et de rappeler partout l’absolue nécessité d’une sécurité renforcée sur les missions extérieures, elle continue dans le même temps à cautionner, sur le terrain, des montages opérationnels qui prennent des libertés manifestes avec ses propres règles.
Il y a là une contradiction majeure.
On ne peut pas, d’un côté, exiger toujours plus des agents en matière de rigueur, de sécurité, de matériel, de doctrine et de discipline opérationnelle, et de l’autre, accepter qu’une mission impliquant deux escortes 4 soit réalisée dans un seul véhicule, avec toutes les limites et tous les risques que cela implique.
Ce type de décision n’est pas une simple adaptation de circonstance.
C’est un choix, et ce choix expose les personnels.
L’UFAP UNSa Justice UR Toulouse rappelle qu’il est formellement interdit de grouper deux escortes 4 dans le même véhicule. Si cette décision relève de l’ARPEJ, de la direction interrégionale ou d’un autre niveau de validation, peu importe : elle engage une responsabilité et elle doit être dénoncée pour ce qu’elle est, à savoir une rupture grave entre le discours sécuritaire officiel et la réalité imposée aux agents.
Une fois encore, ce sont les personnels qui ont tenu.
Une fois encore, ce sont les agents qui ont compensé, par leur professionnalisme et leur engagement, ce que l’organisation n’a pas été capable de garantir par les moyens adaptés.
Mais jusqu’à quand ?
Jusqu’à quand les agents devront-ils être les derniers remparts d’un système qui s’autorise des écarts avec ses propres doctrines ?
Jusqu’à quand la DISP et la DGAP continueront-elles à parler de sécurité renforcée tout en tolérant, sur le terrain, des décisions qui fragilisent directement les missions et exposent les personnels ?
Jusqu’à quand le sérieux des agents servira-t-il à masquer les incohérences de l’administration ?
L’UFAP UNSa Justice UR Toulouse interpelle solennellement la Direction Interrégionale des Services Pénitentiaires de Toulouse ainsi que la Direction générale de l’administration pénitentiaire.
L’UFAP UNSa Justice UR Toulouse exige que toute la lumière soit faite sur les conditions dans lesquelles cette mission a été organisée, validée et exécutée.
L’UFAP UNSa Justice UR Toulouse exige que de telles situations ne puissent plus se reproduire.
L’UFAP UNSa Justice UR Toulouse exige surtout que les moyens engagés soient enfin cohérents avec le niveau réel de risque, et que les personnels cessent d’être exposés par des décisions prises loin du terrain, mais supportées uniquement par ceux qui y travaillent.
L’UFAP UNSa Justice UR Toulouse le réaffirme avec force : il ne peut pas y avoir de sécurité cohérente si les règles ne sont pas appliquées partout avec la même exigence. Il ne peut pas y avoir, d’un côté, une doctrine nationale de fermeté et, de l’autre, des arrangements locaux ou régionaux qui en vident le sens dès qu’il faut “faire passer” une mission.
À force de jouer avec les limites, à force de banaliser l’exception, à force de demander aux agents de combler les failles de l’administration, c’est un jour un nouveau drame que l’on finira par provoquer.
L’UFAP UNSa Justice UR Toulouse soutiendra pleinement le bureau local UFAP UNSa Justice PREJ Béziers dans ce dossier et restera mobilisée pour que la sécurité des missions extérieures ne soit pas un slogan, mais une réalité concrète pour tous les personnels.
Pour le Bureau Régional
UFAP UNSa Justice UR de Toulouse
Cyrille JACQUET Christophe BONNEIL