Pantin, le 17 août 2026
Une liste trop courte de postes et de structures va désormais échapper à l’obligation de port !
Le relevé de conclusions du 29 janvier 2018 engageait l’administration à doter chaque agent d’un gilet « à port discret, adapté aux morphologies », en ciblant en priorité les agents les plus exposés à raison de leurs missions ou des unités dans lesquelles ils exercent. Ni plus, ni moins.
Trois ans plus tard, la note DAP du 19 février 2021 inversait cet engagement : port obligatoire pour tous les personnels en tenue, quelles que soient les fonctions occupées et quelles que soient les conditions météorologiques ou climatiques. Un équipement conçu pour les quartiers spécifiques devenait une contrainte permanente, imposée jusque dans les postes protégés. Une absurdité.
Le 24 février 2023, l’UFAP UNSa Justice écrivait au directeur de l’administration pénitentiaire pour demander l’abrogation de cette note, demande suivie d’un premier refus le 28 mars 2024.
Notre congrès de 2025 a alors élevé la revendication au rang de motion : port obligatoire uniquement dans les régimes de détention spécifiques, ceux qui accueillent les personnes détenues évaluées comme les plus à risque.
Par une note du 14 août 2026, l’administration annonce que le port du gilet pare-lames n’est plus obligatoire :
- sur les postes protégés en détention ;
- dans les QSL et CSL ;
- pour les moniteurs de sport ;
- à l’InSERRE d’Arras et à l’EPSNF.
L’UFAP UNSa Justice prend acte de ce premier recul de l’administration, qui prouve que notre détermination porte ses fruits.
Cependant, nous ne nous contentons pas de ces ajustements mineurs !
Certains voudraient faire croire que le port généralisé du gilet serait « l’héritage direct » du relevé de conclusions du 29 janvier 2018. C’est faux, et il suffit de lire. Le texte de 2018 ne généralise rien : il fait l’inverse. Il prévoit une dotation « en ciblant en priorité les agents les plus concernés à raison de leurs missions ou en considération des unités dans lesquelles ils exercent ». Cibler en priorité, c’est très exactement le contraire de généraliser.
Le relevé de 2018, ce n’est pas « une paire de chaussures et un gilet ». C’est les passe-menottes et les arrêtoirs de porte, c’est aussi 2 % de PSS supplémentaires, l’ICP portée de 1 000 à 1 400 €, la prime de dimanche et jours fériés portée de 26 à 36 €. Ceux qui écrivent aujourd’hui que nous nous serions « contentés d’une paire de pompes et d’un GPL » écrivaient rigoureusement le contraire le 14 octobre 2022, en énumérant eux-mêmes ces mesures et en les chiffrant à 35 millions d’euros. On ne peut pas revendiquer un acquis un jour et le nier le lendemain.
Et le comble : la nouvelle note parle désormais de « gilet pare-balles à port discret ». Ce sont, mot pour mot, les termes du relevé du 29 janvier 2018. Ceux qui dénoncent ce relevé depuis huit ans célèbrent aujourd’hui comme une victoire le retour à son texte exact.
Face à ceux qui réécrivent l’histoire et cherchent des boucs émissaires pour faire oublier leur triste bilan de huit années de majorité, l’UFAP UNSa Justice préfère laisser les polémiques à ceux qui en vivent et revenir à l’essentiel : ce que cette note ne règle toujours pas.
Qu’on ne s’y trompe pas : UNE LISTE DE DÉROGATIONS N’EST PAS UNE DOCTRINE.
En dehors de ces maigres dérogations, le port du gilet reste malheureusement obligatoire partout ailleurs et donc pour la plupart des collègues, comme si le risque était uniforme d’un bout à l’autre de la détention. Une ineptie !
Ce premier recul de la DGAP reste largement inachevé. Les mesures dérogatoires ne remplaceront jamais :
- une véritable évaluation individualisée et réactualisée des risques (l’engagement de l’administration sur ce point date pourtant de 2022) ;
- la création d’Établissements Spécialisés et Adaptés en fonction des risques identifiés et de la dangerosité des personnes détenues, que l’UFAP UNSa Justice revendique et continuera de revendiquer ;
- des GPL adaptés à la morphologie de chacun, ainsi qu’aux conditions climatiques ;
- la fin du travail isolé et la mise en place des équipes mobiles.
Protéger les personnels, c’est d’abord repenser la détention !
Tant que le potentiel de dangerosité de chaque détenu ne sera pas évalué, réactualisé et tracé sur toute la durée de l’incarcération, l’administration tentera vainement de compenser son incapacité à évaluer le risque en équipant aveuglément les personnels. Protéger l’agent est un devoir ; cela ne dispense pas d’organiser la détention, et cela ne peut pas en tenir lieu.
La brèche est ouverte.
L’administration doit cesser de faire peser le poids
de son inaction sécuritaire sur les épaules de ses agents.
Le combat syndical continue !
Le Secrétaire Général, Alexandre CABY