Le vendredi 3 avril 2026
Hier, suite à la diffusion sur les réseaux sociaux d’une photo inquiétante montrant un détenu du centre de détention en possession d’une kalachnikov dans une cellule du CP Perpignan, deux équipages de police lourdement armés se sont présentés aux alentours de 18h00 à la porte de l’établissement. S’agissant vraisemblablement d’un fake généré par intelligence artificielle, les équipages sont repartis après seulement quelques minutes sans pénétrer dans l’établissement. Conséquence : aucun déclenchement du plan de protection et d’intervention, aucune mobilisation des ERIS, la Direction estimant que cela n’était pas nécessaire pour procéder à l’extraction du détenu et à la fouille de la cellule.
Dans la foulée, une équipe ELSP de détention est intervenue pour extraire le détenu et fouiller la cellule. L’intéressé a reconnu les faits et a été placé au « SMPR », ce qui interroge fortement au regard de la gravité de la situation et des moyens initialement engagés.
Le lendemain, changement total de posture : présence des ERIS dès l’appel du matin à 06h30, déploiement de moyens renforcés, fouilles de cinq cellules avec découverte d’un téléphone portable et d’une lame de scie, afin d’adresser un message à la population pénale.
Les personnels du CP Perpignan s’interrogent : pourquoi une telle différence de gestion entre deux journées ? Pourquoi avoir engagé des agents la veille sans précaution particulière, alors que le lendemain, tous les moyens adaptés étaient mobilisés ? N’aurait-il pas été plus cohérent d’engager immédiatement les ERIS dès le premier signalement, avec extraction du détenu et transfert dans la foulée ?
À Perpignan, depuis l’arrivée de la Cheffe d’Etablissement, un manque de cohérence dans les décisions est
ressenti par les personnels. Alors même que le ministre Gérald Darmanin a lancé l’opération « zéro portable », les sanctions ne sont plus en adéquation avec les enjeux. Hier encore, la détention de téléphones portables entraînait systématiquement 10 jours fermes de QD en commission de discipline. Aujourd’hui, les détenus sont sanctionnés d’un simple avertissement ou de sursis.
L’UFAP UNSa Justice exige une cohérence immédiate et constante dans les décisions prises, ainsi que l’application stricte des protocoles de sécurité en toutes circonstances, notamment face à toute suspicion d’armement.
Concernant cet individu, l’UFAP UNSa Justice demande un placement au QD et non au SMPR, la rédaction d’un article 40 ainsi qu’un transfert, afin que cet acte ne reste pas sans conséquence et serve d’exemple.
Pour le bureau local
Le secrétaire Pierre Grousset