Depuis des mois, les agents accumulent les journées dans des conditions épuisantes, parfois même aberrantes ; effectifs insuffisants, absentéisme record, plannings illisibles, pression permanente et fatigue générale. Plus rien ne semble alarmer qui que ce soit. Mais rassurez-vous, paraît-il que nous avons une direction proche du terrain, attentive et bienveillante… du moins, c’est ce que l’on raconte. En réalité, il suffit de regarder ce qui se passe pour comprendre que le chaos actuel vient surtout d’un management catastrophique.
À l’EPM de Marseille, parler trop fort, poser une question qui dérange, oser dire ce que l’on pense ou simplement demander un peu de considération, c’est souvent prendre le risque d’un “ajustement” aussi mesquin qu’humiliant.
Dernier exemple en date : à son retour de congé, un collègue a eu droit à son cadeau de Noël avant l’heure. Son bureau avait été « optimisé », comprendre « vidé » en son absence. Ses affaires personnelles et professionnelles débarrassées comme de vulgaires déchets. Résultat ? Le voilà expédié manu militari dans une pseudo-salle de cours impersonnelle, coincé entre un tas de tables branlantes, de chaises cassées et d’armoires en fin de vie. Une manière élégante d’accueillir un agent motivé qui reprend son poste… et de lui faire passer un message subliminal.
On parlera sûrement de “réorganisation”, mais personne n’assumera qu’il s’agit en réalité d’une sanction déguisée.
Pendant ce temps, les agents et ceux venus en renfort, tiennent la baraque. Ils gèrent les tensions, pallient les absences et assurent le service public avec courage et dignité. Tout cela dans un établissement où les effectifs fondent, où la reconnaissance n’existe plus et où l’on exige toujours davantage de ceux qui donnent déjà tout. Et malgré tout, chaque jour, les agents restent professionnels, sérieux, et gardent cette pointe d’humour indispensable pour tenir debout.
Travailler dans la crainte, subir des représailles malhonnêtes ou devoir se taire pour éviter les ennuis ? Hors de question ! Les agents ne demandent pas des miracles, simplement du respect.
Alors oui, bien sûr… « Notre directrice, on l’adore. » Mais c’est notre seule option.
Marseille, le 14 novembre 2025
Le bureau local UFAP UNSaJustice