Organisation Syndicale Multi-Catégorielle

NUIT À 8 : UNE PREMIÈRE DEPUIS 1987 !

Le lundi 18 mai 2026

Le 22 octobre 2022, l’UFAP UNSa Justice tirait déjà la sonnette d’alarme, par communiqué de presse, sur le manque de personnels et la surpopulation pénale qui étranglaient notre établissement.

À cette époque, il manquait déjà 22 agents à l’effectif.

La maison d’arrêt des hommes affichait 230 % de surpopulation, celle des femmes 210 %.

Quatre ans plus tard… qu’a fait notre administration ? RIEN !

Pire encore, la situation s’est encore aggravée :

  • Notre établissement accuse désormais un déficit de 37 surveillants, soit près de 20 % de l’effectif théorique de 203 agents ;
  • Les compteurs d’heures supplémentaires explosent ;
  • La MAH atteint désormais 260 % de surpopulation ;
  • La MAF atteint 235 %, avec plus de la moitié des détenues condamnées qui devrait être transférées en établissement pour peine mais restent maintenus en Maison d’arrêt ;
  • Les STOP ÉCROUS en MAH comme en MAF se multiplient puisqu’il n’y a même plus de place au sol ;
  • Le centre de détention fonctionne continuellement en sous-effectif d’agents et de gradés ;
  • Des postes fixes sont supprimés.

Et aujourd’hui, un seuil historique et alarmant vient d’être franchi :

Pour la première fois depuis l’ouverture de l’établissement en 1987, le service de nuit s’est retrouvé avec seulement 8 agents sur 12 !

En quelques années Les 6 équipes de la MAH sont passées de 15 agents à tout juste une dizaine.

Dans ce marasme quotidien, où près de 60 personnels manquent chaque jour à l’appel, l’administration et l’État abandonnent progressivement notre structure à une insécurité permanente.

Pendant ce temps, les profils des détenus transférés sur notre quartier d’isolement deviennent toujours plus dangereux.

Ces derniers jours encore :

  • Un surveillant a été violemment agressé à coups de poing par un détenu transféré de La Réunion (11/05/2026) ;
  • Un détenu transféré de Béziers par les ERIS, retranché dans sa cellule, a obligé les personnels à

intervenir avec bouclier et bombe au poivre pour être maîtrisé, alors qu’il avait confectionné une arme artisanale destinée à s’en prendre aux agents (14/05/2026).

Et pourtant, malgré cette situation alarmante, l’administration continue de mépriser les personnels. La preuve, une nouvelle fois, avec la mobilité annoncée :

Sur les 18 agents qui devaient rejoindre l’établissement au 1er juillet, nous apprenons déjà que 4 ne viendront finalement pas.

Quant à la prochaine campagne de mobilité ?

ZÉRO arrivée prévue pour notre structure !

Une décision inacceptable, qui a enclenché un mouvement social massif.

Encore une fois, notre établissement est sacrifié.

Encore une fois, les personnels passent après tout le reste.

Encore une fois, on demande aux agents de tenir, subir et encaisser… sans jamais donner les moyens humains nécessaires.

Pendant ce temps, les personnels constatent parfaitement le double discours de notre administration. Depuis 1 mois, les extractions médicales ont diminué.

Pourquoi ?

Parce que les cliniques sont en grève et qu’il faut éviter de surcharger les urgences hospitalières. Donc, lorsqu’il manque du personnel soignant, on adapte immédiatement les missions.

Mais lorsqu’il manque du personnel pénitentiaire ?

Lorsqu’il manque des agents pour sécuriser les détentions, les mouvements, les coursives, les nuits ou les extractions ?

Là, tout le monde s’en moque ! Les personnels pénitentiaires devraient continuer coûte que coûte, au détriment de leur sécurité, de leur santé et parfois même de leur intégrité physique.

Pour l’UFAP UNSa Justice, cette situation n’est plus acceptable !

L’UFAP UNSa Justice réclame :

  • Un renfort immédiat en personnels à la prochaine mobilité ;
  • Une véritable politique de désencombrement ;
  • Des effectifs adaptés aux missions et à la réalité de la détention ;
  • L’arrêt des transferts de détenus dangereux et ingérables en détention classique.

Pour le bureau local

Le secrétaire Pierre Grousset

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