Le 3 avril 2026
La semi-liberté est une mesure d’aménagement de peine qui doit permettre de préparer la réinsertion des personnes condamnées.
Le QSL de Seysses, d’une capacité de 60 places auxquelles s’ajoutent 5 places femmes, compte en moyenne 22 détenus entrant réellement dans les critères, laissant ainsi une quarantaine de places occupées dans des conditions qui interrogent sur le sens même de la peine et sur la vocation réelle de cette structure.
Car sur le terrain, le constat est préoccupant.
Dans certaines cellules, c’est un véritable abandon : pauvreté, manque d’hygiène, saleté, désœuvrement.
Et à force de détourner le QSL de sa finalité initiale, chacun voit bien ce qu’il est en train de devenir : un simple outil de gestion de la surpopulation pénale, destiné à créer un appel d’air sur le grand quartier, au mépris du sens de la mesure et des conditions de détention.
Les conséquences sont connues.
Des détenus désœuvrés passent leur temps à l’extérieur à voler, à consommer de l’alcool, puis reviennent s’agglutiner devant la PEP, dans un climat qui se dégrade de plus en plus.
Mais en ce 1er avril, un cap supplémentaire a été franchi.
Deux collègues ont été la cible de menaces graves, des propos d’une extrême violence ayant été tenus à leur encontre au motif qu’ils seraient trop présents sur la coursive et empêcheraient certains détenus de poursuivre en toute impunité leurs trafics de stupéfiants et d’alcool.
L’UFAP UNSa Justice CP Seysses salue le professionnalisme de ces deux agents, les encourage à ne pas baisser les bras et les assure de son plein soutien dans toutes leurs démarches.
Mais que dire de la gestion de cet incident ?
Plus de 48 heures après les faits, les détenus auteurs de ces menaces étaient toujours présents au QSL et ont même pu récupérer leur téléphone portable.
Chacun mesurera les conséquences possibles d’une telle situation, à l’heure des réseaux sociaux et des menaces qui peuvent très rapidement prendre une autre dimension.
Et pendant ce temps-là, les personnels victimes sont censés continuer à travailler sereinement ?
Il serait avancé qu’il n’y aurait pas assez de preuves. Pourtant, deux CRP ont été rédigés par les agents victimes. L’UFAP UNSa Justice CP Seysses rappelle que les personnels pénitentiaires prêtent serment. Remettre en doute leur parole et leurs écrits dans un tel contexte est une faute grave.
Plus choquant encore, il aurait même été proposé aux agents concernés d’aller effectuer leur service sur le grand quartier, comme s’il fallait éloigner les victimes pour ne pas contrarier les fauteurs de troubles.
Le monde à l’envers.
L’UFAP UNSa Justice CP Seysses exige l’exclusion immédiate des auteurs de ces menaces.
L’UFAP UNSa Justice CP Seysses exige leur passage rapide en CDD avec les sanctions appropriées.
L’UFAP UNSa Justice CP Seysses demande également à l’administration de rappeler aux magistrats la nécessité de maintenir l’ordre public au sein des QSL.
Enfin, L’UFAP UNSa Justice CP Seysses demande une remise à plat de la politique de sélection des détenus affectés au QSL. Car si cette structure continue à être utilisée comme une simple variable de désengorgement, sans exigence réelle sur les profils accueillis, cela pose nécessairement question pour l’avenir, y compris au regard des futures constructions modulaires.
Quand un dispositif censé préparer la réinsertion devient un lieu de tensions, de trafics et de menaces contre les personnels, c’est qu’il y a un problème de fond qu’il n’est plus possible de nier.
Le Bureau Local UFAP UNSa Justice CP Seysses