Ce mercredi matin à la Maison d’Arrêt d’Arras, une CPIP a été violemment prise à partie par un détenu lors d’un entretien classique de suivi.
Alors que la collègue CPIP tentait de lui expliquer qu’elle n’était pas responsable d’une peine rajoutée à l’écrou, ce dernier n’a rien voulu savoir. C’est alors qu’il a commencé à la menacer, et vociférer des propos inadaptés envers sa victime du jour.
Quand la collègue a pris la décision de mettre un terme à l’entretien ce bandit s’est alors levé, passé derrière le bureau, et fouillé dans les dossiers de l’agent !
Notons que cet individu est coutumier des faits avec le personnel de la Maison d’Arrêt !
Alors que le ton monte, et qu’il semble déterminé à s’en prendre à la CPIP en l’empêchant de sortir du bureau, se positionnant front contre front, cette dernière a tenté de déclencher l’alarme en basculant l’API, sans succès !
Il aura fallu l’intervention d’une partenaire Mission Locale pour alerter le surveillant !
Une fois le surveillant sur place, ce dernier a fait sortir le détenu et l’a raccompagné vers la sortie du Pôle
activités. Non content de n’avoir pu exprimer davantage sa frustration sur sa CPIP, il s’est mis à taper violemment sur la boite incendie de la coursive jusqu’à la détruire. Il a ensuite profité d’un autre mouvement occupant le surveillant pour de nouveau s’infiltrer dans le bureau de la CPIP, encore sous le choc de ce qu’elle venait de subir…
La seconde tentative d’alarme, n’a pas été concluante… !
Quelques secondes plus tard, après que ce détenu ait eu le temps de récidiver, le surveillant est revenu chercher ce forcené, et les renforts ont été appelés afin de mettre fin a l’incident.
Il s’agit de la deuxième agression d’un CPIP au sein du SPIP 62 en quelques semaines
c’est inadmissible !
Une nouvelle fois, nous constatons des anomalies de fonctionnement, et ce n’est pas faute d’avoir prévenu…
Il n’est pas normal que le personnel subisse des violences, du fait d’un matériel obsolète et dysfonctionnant, et de la disposition des locaux favorisant l’insécurité. Rappelons que le mobilier des bureaux doit être disposé de sorte que les personnels et les intervenants puissent évacuer les lieux en cas de menace, et non pas se retrouver bloqués par la personne détenue.
L’assistante de prévention du SPIP 62 avait pourtant fait un état des lieux de tous les lieux recevant du public. Il n’est pas normal qu’au sein de nos Maisons d’Arrêt nous n’appliquons pas nos propres consignes… !
Il est important de rappeler qu’aucun personnel, quel qu’il soit, ne doit subir des insultes, des menaces ou faire face à des comportements intimidants. La sécurité des agents est une obligation de l’Administration. Cet incident ne doit surtout pas tomber dans la banalité, et illustre la montée des tensions au sein de nos services, surchargés, en sous effectifs, et exposés à du public parfois instable et sans réelle protection adaptée.
Chaque agression, qu’elle soit verbale ou physique, a des conséquences sur la santé et la sérénité au travail.
L’UFAP UNSa Justice exige que cette agression soit reconnue comme telle par l’Administration ;
L’UFAP UNSa Justice exige une peine exemplaire de Quartier Disciplinaire pour ce détenu ;
L’UFAP UNSa Justice exige un accompagnement de la collègue CPIP choquée après cette agression ;
L’UFAP UNSa Justice exige la vérification immédiate de tous les dispositifs d’alarme avec sensibilisation de tous les intervenants à l’utilisation des API, et demande la modification immédiate de la disposition des box d’entretien, comme préconisé par l’assistante de prévention SPIP 62 ;
L’UFAP UNSa Justice exige le renouvellement du matériel radio portatif, devenu obsolète et dangereux pour les agents ;
Enfin l’UFAP UNSa Justice félicite les agents pour leur professionnalisme, souhaite un prompt rétablissement à notre collègue, et l’accompagnera dans toutes les démarches qu’elle souhaite entreprendre.
La sécurité au travail n’est pas un luxe, mais un droit !
Pour les Bureaux UFAP UNSa Justice
SPIP Pas-de-Calais et Maison d’Arrêt d’Arras
Anaïs LETREN Fabien HURTREL